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Catéchèse de Mgr Le Saux pour la Pentecôte : L’Esprit Saint

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Lorsque nous proclamons le symbole de Nicée-Constantinople, nous disons avec toute l’Eglise : « Je crois en l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie, il procède du Père et du Fils avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ». Mais connaissons-nous vraiment l’Esprit Saint. Qui est-il ? Avons-nous une relation avec lui ?

Dans l’Evangile de Luc, Jésus nous dit : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche, trouve et à qui frappe, on ouvrira. Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? Ou lui donnera un scorpion quand il lui demande un œuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! « (Luc 11,9-13). Ce que Dieu veut nous donner, c’est l’Esprit Saint. Le véritable don de Dieu, c’est l’Esprit Saint. La vie chrétienne n’est pas possible sans Lui. Le véritable fruit de la prière, c’est l’accueil dans notre cœur de l’Esprit Saint. Le grand mystique orthodoxe Saint Séraphin de Sarov disait : « le vrai but de la vie chrétienne consiste en l’acquisition de l’Esprit ». C’est aussi ce que nous dit l’évangile de Saint-Jean « l’Esprit Saint que le Père vous enverra en mon nom, lui vous enseignera tout » (Jean, 14,26).
« Il est le Seigneur et il donne la vie », il est la vie même de Dieu répandue en nos cœurs. Le Saint Curé d’Ars employait l’image de l’eau qui imprègne une éponge pour parler de lui. « Sans l’Esprit Saint, nous sommes comme une pierre du chemin. Prenez dans une main une éponge imbibée d’eau, dans l’autre un petit caillou. De l’éponge, vous ferez sortir de l’eau en abondance. L’éponge, c’est l’âme remplie du Saint Esprit. Le caillou, c’est le cœur froid et dur ou l’Esprit Saint n’habite pas. »
Mais qui est l’Esprit Saint ? L’Esprit de Dieu est déjà présent à la création du monde. « Le souffle de Dieu planait sur les eaux » dit le Livre de la Genèse (1,2). D’une certaine manière, Il précède à la création. Il est annoncé par les prophètes de l’Ancien Testament. « Je mettrai en vous mon Esprit et vous vivrez » ( Ezéchiel 37,14 ). C’est l’Esprit Saint qui repose sur la Vierge Marie le jour de l’Annonciation. A la demande de l’ange, Marie répond : « Comment cela va-t-il se faire ? ». L’ange répond : « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre » (Luc 1,35). L’Esprit Saint précède à l’Incarnation. L’Esprit Saint descend en plénitude sur Jésus au moment du baptême par Jean au début de la vie publique. C’est lui qui conduit Jésus au désert pour le combat, puis le conduit jusqu’au don total de lui-même sur la croix pour le Salut du monde. Jésus annonce sa venue à ses disciples. Après la résurrection, on voit Jésus souffler sur ses disciples en disant « recevez l’Esprit Saint » de la même manière que Dieu au moment de la création de l’Homme souffle dans les narines d’Adam pour lui donner la vie. L’Esprit Saint précède à la nouvelle création. Le jour de la Pentecôte alors que les disciples sont en prière avec Marie, l’Esprit Saint ébranle la maison où il se trouve et se répand en chacun d’entre eux. Ils sortent alors annoncer la Résurrection. Ainsi commence l’élan missionnaire de l’Eglise. L’Esprit Saint précède à la naissance de l’Eglise et au début de sa mission car la raison d’être de l’Eglise, c’est l’évangélisation. Si vous lisez les Actes des Apôtres, Il est présent à toutes les pages, c’est Lui qui conduit les Apôtres, au point où Saint-Paul dira qu’il est enchaîné par l’Esprit Saint. Si vous lisez l’histoire de l’Eglise, c’est l’Esprit Saint qui est à l’origine de tous les élans missionnaires.
Mais l’Esprit Saint reste insaisissable « Tu entends sa voix mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va » dit Jésus à Nicodème (Jean 3,8). L’Esprit Saint ne se reconnaît qu’à son action. Pour dire quelque chose de lui, l’Eglise emploie des images qu’elle tire de l’Ecriture. Il est feu brûlant mais aussi source rafraîchissante, eau vive. Il est vent violent et brise légère. Il est lumière en nos cœurs, consolateur, adoucissante fraîcheur. « Dans le labeur, le repos ; dans la fièvre, la fraîcheur ; dans les pleurs, le réconfort » (Séquence de la Pentecôte)
En réalité, il est Dieu, troisième Personne de la Trinité. Par l’Esprit Saint dit Jean-Paul II, Dieu existe sous le mode du don. « C’est l’Esprit Saint qui est l’expression personnelle d’un tel don de soi, de cet être-amour. Il est Personne-amour, il est Personne-Don ». (Dominum et Vivificantem n°10).
Lorsque nous recevons le Sacrement de confirmation, nous sommes marqués de ce don de Dieu qui est l’Esprit Saint. « La confirmation est l’effusion spéciale de l’Esprit Saint comme elle fut accordée jadis aux apôtres le jour de la Pentecôte. La confirmation nous enracine plus profondément dans la filiation divine. Elle nous unit plus fermement au Christ. Elle augmente en nous les dons de l’Esprit Saint. Elle rend notre lien avec l’Eglise plus parfait. Elle nous accorde une force spéciale de l’Esprit Saint pour répandre et défendre la foi par la parole et par l’action en vrais témoins du Christ (Catéchisme de l’Eglise catholique n°1302-1303). Saint Thomas dit qu’elle est sacrement de croissance chrétienne.
Le Sacrement de confirmation est l’un des trois sacrements de l’initiation chrétienne (le baptême, la confirmation, l’eucharistie). Il y a un lien étroit entre les trois sacrements qui n’est pas toujours suffisamment perçu. Par ces trois sacrements, nous sommes enracinés dans le Christ, nous recevons la vie de Dieu qui nous rend capable de vivre en chrétien. Ils sont comme les racines d’un arbre qui lui permettent de grandir et de porter du fruit. L’identité chrétienne n’est pleinement constituée que si celui qui a été baptisé et qui a aussi été confirmé par le don de l’Esprit Saint participe à l’assemblée eucharistique. Nous sommes baptisés et confirmés en vue de l’eucharistie. Je ne peux qu’inviter ceux qui ont été baptisés et n’ont pas reçu le sacrement de confirmation à se préparer et à demander à recevoir la confirmation, et à ceux qui sont baptisés et confirmés à vivre l’eucharistie.
Souvent, on a aussi transformé et réduit la confirmation à la confirmation de l’engagement dans l’Eglise, comme si le don de l’Esprit Saint était là pour confirmer « Mon » engagement alors que c’est l’inverse. La confirmation est un don gratuit de Dieu, don de celui qui me permet de témoigner, l’Esprit Saint qui est lui-même le grand témoin de l’Amour qui est Dieu.
Vivre de l’Esprit Saint suppose au moins deux attitudes.
La première : Prier, lui demander d’agir en Nous. Dieu donne l’Esprit Saint à ceux qui lui demandent « l’Homme de prière est assuré d’obtenir ce qu’il demande, cependant prier au nom de Jésus, ce n’est pas demander n’importe quoi, mais demander le don essentiel que Jésus dans le discours d’adieu nommait la joie et que Luc nommait l’Esprit Saint ce qui est fondamentalement la même chose » (Jésus de Nazareth, Benoît XVI). Parfois, nous demandons sans vouloir qu’il réponde vraiment. Nous sommes comme des gens chez qui une personne se présente à l’improviste à l’heure de passer à table. Par usage, nous lui proposons de partager le repas, mais tout le monde sait que si la personne est bien éduquée, elle déclinera l’invitation. Nous serions vraiment contrariés si elle répondait d’emblée : « Mais avec plaisir ». Ce genre d’invitation est formel mais pas réel.
La seconde attitude est d’être disposé à ce que l’Esprit Saint nous change, nous dérange. On ne peut inviter l’Esprit Saint à venir remplir notre vie sans réserve qu’il laisse tout comme avant. « Ce que touche l’Esprit Saint, Il le transforme » (St Cyrille d’Alexandrie). Souvent les effets du feu divin qu’est l’Esprit Saint nous effraient. Nous avons peur. Nous préférons rester comme nous sommes. L’œuvre de l’esprit Saint, c’est de nous brûler de charité, de nous configurer au Christ.
L’Esprit Saint fait de nous des missionnaires. Il n’est pas d’abord un produit à usage interne pour notre consolation personnelle ou la réussite de notre vie spirituelle. Mais comme pour les apôtres, il nous transforme en missionnaires : « Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison » (Matthieu 5,15).
En définitive, l’œuvre de l’Esprit Saint est de transformer notre cœur de pierre en cœur de chair, capable d’aimer comme le Christ.


✠ Yves Le Saux
Evêque du Mans


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