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Edito de Mgr Le Saux - Décembre 2018

Nous venons d’entrer dans le temps de l’Avent. Permettez-moi de vous rappeler quelques points sur le sens de l’Avent.
Nous faisons mémoire de la venue du Seigneur, la venue de Dieu parmi nous. En nous mettant en marche vers Noël, nous essayons de mieux comprendre la signification de la naissance de Jésus et de nous laisser transformer par lui. Qu’est-ce que cela signifie et modifie que Dieu se soit fait homme ?

En Jésus, Dieu est devenu proche, si proche qu’il n’y a plus aucune distance entre lui et nous. Il s’est rendu accessible à chacun de nous. Il vient à nous de façon si simple que chacun de nous peut entrer en relation avec lui. Dieu vient à nous sans force, sans arme parce qu’il n’entend pas nous conquérir, ni s’imposer à nous. Il s’est fait sans défense pour vaincre notre orgueil et la violence qui parfois habite nos cœurs. Il vient dans la vulnérabilité de l’enfant de la crèche et plus tard dans la vulnérabilité du condamné à mort, dépouillé de tout dans sa passion et sur la croix, en réponse à l’orgueil et la violence de notre monde.
Pour que nous puissions le rencontrer, il nous faut sortir de la superficialité, de la dispersion, prendre le chemin de l’intériorité qui est faite de silence et de réflexion. Je pense au fils prodigue de la parabole qui après avoir tout perdu, commence à se convertir et à retrouver la paix quand il entre en lui-même. Il nous faut descendre au profond de notre cœur pour ne pas perdre notre liberté, trouver le lieu de silence pour entrer en dialogue avec Dieu et avec les autres. Pour que nous puissions le rencontrer, il faut aussi choisir le chemin de l’humilité. Dieu s’est fait petit et pour le rencontrer, il faut être petit. Dieu s’est fait humble, seuls les humbles peuvent le rencontrer. Le seul obstacle à la rencontre de Dieu et des autres, c’est l’orgueil. Tendre à l’humilité, ce n’est pas se déprécier ou renoncer à sa personnalité, c’est simplement être dans la vérité.
Si dans ce temps de l’Avent, nous nous préparons à célébrer la naissance de Jésus, l’Eglise tourne aussi notre regard vers l’autre venue du Seigneur, vers le but ultime de nos vies et de la vie du monde : la rencontre avec le Seigneur qui viendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts.
Dans les Evangiles, Jésus nous annonce la fin des temps en parlant de catastrophes, de troubles, de guerres. Ces propos apocalyptiques sont un descriptif du combat qui se déroule dans le monde. Ils n’ont pas pour but de nous faire peur mais de nous garder vigilant et de nous rappeler que la figure de ce monde passe. Nous sommes invités à recentrer notre vie, à orienter notre vie vers le Christ victorieux du mal et de la mort. Les chrétiens regardent les évènements du monde à partir de la mort et de la résurrection du Christ dans l’espérance certaine de sa venue dans la gloire. Un chrétien se place face aux violences du monde, au chaos parfois, dans une attitude de compassion, de miséricorde, de sérénité, de confiance, d’espérance.
Notre pays est traversé de troubles graves. Ils révèlent une profonde détresse et souffrance. Beaucoup de nos concitoyens vivent dans des situations de précarité avec un sentiment d’injustice et d’abandon. Il faut entendre cette détresse. Nos modes de vie occidentaux ont engendré une culture de l’individualisme et d’idolâtrie de la satisfaction des désirs immédiats où beaucoup sont laissés sur le bord de la route. Le Pape François parle de culture du déchet et de la mondialisation de l’indifférence. Il y a aussi une distance de plus en plus grande entre les plus riches et les plus pauvres. La colère qui s’exprime, même si elle peut avoir des aspects légitimes, réveille un grand vide qui provoque la violence verbale et physique. On parle à tort et à travers sans souci de la vérité, sans prendre la mesure de la responsabilité qu’engage sa parole ou ses comportements. C’est particulièrement vrai sur les réseaux sociaux. Même les chrétiens ont parfois ce type de comportement, cela n’est pas acceptable. Le désir d’individualisme immédiat l’emporte sur le bien commun. On remplace l’exigence de la raison et de l’intelligence par l’émotion. On en devient incapable d’écouter l’autre, de l’entendre, incapable d’entrer en dialogue.

Notre mission de chrétien dans le monde est de témoigner de la sérénité, de l’espérance car nous savons qu’il existe quelqu’un qui tient dans ses mains le sort de ce monde qui passe, quelqu’un qui est l’Alpha et l’Oméga de l’histoire de l’homme, surtout quelqu’un qui est Amour. Jésus à Noël, est venu comme Prince de la Paix et nous attendons la manifestation glorieuse de ce Prince de la Paix qui nous jugera sur l’amour et sur l’attention que nous manifesterons aux plus fragiles et aux exclus. Notre mission est d’être des artisans de paix. Seuls des hommes et des femmes pacifiés dans leur cœur peuvent devenir des artisans de paix, disait le Pape Jean XXIII. Or, comme le dit le Pape Benoît XVI, c’est seulement si la vérité et l’amour sont d’accord en nous que l’homme peut être heureux et en paix.

✠ Yves Le Saux
Evêque du Mans


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