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Funérailles de Monseigneur Jacques Faivre


 

Funérailles de Monseigneur Jacques Faivre

Les funérailles de Monseigneur Jacques Faivre ont été célébrées mardi 17 août en la Primatiale Saint-Jean à Lyon, son diocèse d’origine.

Monseigneur Le Saux, notre évêque, le Père Paul Antoine Drouin, Vicaire général, représentaient le diocèse. Ils étaient accompagnés de Dom Dupond, Père Abbé de l’abbaye de Solesmes du Père Jean Bregeon, ancien Vicaire général de Monseigneur Faivre, du Père Jean Cavaré, chancelier du diocèse et du Père Henri Fautrad, ordonné prêtre par Monseigneur Faivre.

Le cardinal Philippe BARBARIN a présidé la célébration en présence de nombreux évêques dont Monseigneur Gilson, prédécesseur de Monseigneur Faivre.

Dès le vendredi , le Pape Benoit XVI avait adressé à notre évêque un message de condoléances, par l’intermédiaire du Cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’Etat de Sa Sainteté :

Message du Pape

« Apprenant le décès de Mgr Jacques FAIVRE, évêque émérite du Mans, votre prédécesseur, le Saint-Père recommande au Seigneur l’âme de ce pasteur fidèle qui s’est dévoué généreusement au service du Peuple de Dieu qui avait été confié à sa sollicitude pastorale, d’abord comme évêque auxiliaire à Lyon puis comme évêque au Mans. Demandant au Père, source de toute miséricorde, d’accueillir l’évêque décédé dans la paix et la lumière de son Royaume, le Pape prie pour toutes les personnes affectées par cette disparition et, de grand cœur, il vous envoie sa Bénédiction apostolique ainsi qu’à la famille et aux proches du défunt, aux personnes qui participeront à la célébration des obsèques et à tous les diocésains du Mans. »


Au début de la célébration, mardi, le Cardinal Barbarin a accueilli l’assemblée et rendu hommage à notre ancien évêque

Mot d’accueil

pour la célébration des
Funérailles de Mgr Jacques FAIVRE.
Cardinal Philippe Barbarin, Lyon, 17 août 2010

Frères et Sœurs.
Soyez tous les bienvenus dans la Primatiale saint Jean, vous qui venez aujourd’hui pour confier Monseigneur Jacques FAIVRE au Père des miséricordes. Nous prions pour qu’il soit accueilli dans cette Demeure, où Jésus, l’Unique Pasteur, est parti nous préparer une place. Et nous rendons grâce à Dieu pour toute sa vie de serviteur.
[Présentation des différentes étapes du ministère de Mgr Faivre, par Mgr Th. Brac de la perrière]
C’est donc en ce lieu que notre frère Jacques a été ordonné prêtre, il y a cinquante ans, le 29 juin 1960. A l’occasion de son jubilé, le Saint Père lui a adressé un message personnel que nous étions heureux de lui remettre à la Basilique de Fourvière, le 29 juin dernier, lorsque nous avons célébré la clôture de l’Année sacerdotale avec les prêtres qui venaient d’être ordonnés trois jours plus tôt, et les jubilaires de 10, 50 et 60 ans de sacerdoce. La joie de Jacques était manifeste, ce soir-là, mais sa fatigue aussi était visible.
Je salue avec respect et affection sa proche famille, ses sœurs et beaux-frères, ses neveux et nièces, petits neveux et petites nièces. La reconnaissance de tous va à son infirmière et ancienne paroissienne, Madame Marie-Claude Genty. En lisant les intentions de la Prière Universelle, dans un moment, elle témoignera du courage et de la dignité avec lesquels Mgr Faivre a vécu toutes les souffrances et les opérations – nombreuses - subies ces dernières années.
Je souhaite la bienvenue à ses amis, à tous les fidèles qui ont bénéficié de son service pastoral à Lyon, et dans le diocèse du Mans dont Jacques a été le pasteur pendant onze ans. On me permettra de saluer de manière spéciale Mgr Yves LE SAUX qui a reçu maintenant cette charge et ceux qui l’accompagnent, en particulier le Très Révérend Père Abbé de Solesmes, le P. Paul-Antoine Drouin, vicaire général, et plusieurs des anciens collaborateurs de Mgr Faivre au Mans, le P. Jean Cavaré et le P. Jean Bregeon qui était le plus proche collaborateur de Mgr Faivre, durant les dernières années de son ministère au Mans.
Soyez tout spécialement les bienvenus, vous, chers frères évêques, tout d’abord Mgr G. Gilson, son prédécesseur sur le siège du Mans, puis Mgr B.-N. Aubertin archevêque de Tours, Mgr A. Maillard archevêque de Bourges, et vous qui avez collaboré avec Mgr Faivre à Lyon, Mgr M. Gardès archevêque d’Auch, Mgr G. Defois archevêque émérite de Lille, et vous aussi, Mgr P. Joatton et Mgr O. de Berranger qui, comme notre frère Jacques, avez souhaité vous retirer dans notre ville. Je n’aurai garde d’oublier mes chers auxiliaires, Mgr J.-P. Batut et Mgr Th. Brac de la Perrière qui a préparé attentivement avec la famille et avec d’autres la célébration qui nous réunit.
Il me faut aussi faire mention de la Haute-Loire où notre frère Jacques est mort dans la nuit de jeudi à vendredi et où il a souhaité être enterré. Nous sommes en communion de prière avec Mgr H. Brincard, l’évêque du Puy en Velay, qui s’est montré si proche de Jacques et de sa famille ces jours derniers, à Lapte et à Yssingeaux. Dans l’Eglise de France, la fraternité qui nous unit est vraiment un réconfort pour chacun des évêques.
Merci aux prêtres et aux diacres d’être venus si nombreux dire au revoir à un frère bien aimé. C’est le P. Louis Devaux, successeur de Jacques dans la mission d’archidiacre de l’agglomération lyonnaise qui a accepté de donner l’homélie. Nous l’en remercions. Et ce sera pour nous une douce joie d’entendre l’Evangile proclamé par M. Alain Sélo, le premier diacre ordonné par Mgr Jacques Faivre, le nouvel évêque auxiliaire de Lyon, en 1992.
*
« Soyez toujours dans l’action de grâce ». Frères et sœurs, cette consigne de saint Paul est plus facile à mettre en pratique certains jours que d’autres. Aujourd’hui, en pensant à Jacques et en priant pour lui, nous avons mille raisons de remercier Dieu.
Il nous a touchés par sa joie simple et sa bonne humeur communicative, son attachement fidèle à tous ceux dont il avait croisé la route. Son humilité nous faisait beaucoup de bien.
Quelle discrétion aussi ! A l’archevêché de Lyon où il venait souvent pour quelques jours, après les grandes fêtes, on le voyait à peine, sauf quand on entrait dans la chapelle au moment où il célébrait la Messe, dans la matinée. Et aujourd’hui encore, il s’en va tout discrètement, au creux du mois d’août, …deux jours après son anniversaire. Pourtant, la date est bien choisie ; il n’a pas dû être malheureux, dimanche, de chanter le Magnificat avec celle qui l’avait proclamé dans ce petit village de la montagne de Judée où nous avions tous rendez-vous avant-hier, pour le 15 août.
Un soir cependant, il y a cinq ans peut-être, comme nous arrivions à Fourvière au même moment, je suis resté bavarder avec lui, dans la cour de l’archevêché et j’ai vu, pour la première fois, la peine qu’il avait à sortir de sa voiture.
Cela m’a amené à lui poser des questions sur sa santé et j’ai commencé à comprendre l’épreuve qu’il vivait et qui l’a conduit à demander à être déchargé de sa mission au Mans plus tôt que prévu.
Puisqu’il avait répondu à l’appel du Christ, il était prêt à répondre à tous les appels, pour servir. « Tu pourras me demander tout ce que tu veux, me disait-il il y a peu encore. D’ailleurs, ça me fait plaisir de célébrer des confirmations. Mais attends un peu, que j’aie retrouvé la santé. »
Je me réjouis que le passage d’Evangile choisi pour cette célébration soit la première page de saint Marc. Voulez-vous que nous regardions la vie de notre frère Jacques comme « une première page d‘Evangile » ? Voilà un message simple capable de nous éclairer et de nous stimuler.
Nous serons ainsi renouvelés dans notre foi et notre désir de servir, comme le Seigneur nous le demande.

Le Père Louis Devaux, successeur de Monseigneur Faivre dans la mission d’archidiacre de l’agglomération lyonnaise et ami très proche a prononcé l’homélie.

Homélie

prononcée par le Père Louis Devaux

« Ce passage de l’Évangile de Marc (Mc 1, 14-20), Jacques Faivre devait certainement en faire une lecture privilégiée. Il contient le prénom de son saint-patron Marc. Surtout, il évoque l’appel de Jésus par son invitation à le suivre. « Venez à ma suite je ferai de vous des pêcheurs d’homme ». Cet appel, Jacques l’a entendu dans sa conscience. « Suis-moi » et la réponse qu’il a donné, c’est la générosité de toute sa vie offerte à l’Église, aux communautés chrétiennes. La réponse que j’ai obtenue, lorsque j’ai interrogé des personnes qui l’ont connu comme curé, comme aumônier des jeunes, c’est : « Il avait l’art d’accueillir, de nous écouter, de nous mettre à l’aise. C’était un prêtre à la foi solide comme un rocher. On allait vers lui avec confiance. »
Je me souviens du jour où il nous a annoncé qu’il devenait évêque du Mans. À ce moment là, les responsabilités nous avaient rapprochés et je le rencontrais presque chaque jour. Cette joie explosive n’était pas motivées par une nouvelle distinction importante. Pour Jacques, c’était la joie d’une nouvelle mission ecclésiale à remplir ; où il pourrait donner toute sa mesure. C’était la joie de connaître de nouveaux partenaires pour la mission. Il ne les connaissait pas encore mais il les aimait déjà.
Je lui ai rendu visite à l’évêché de Mans. J’ai retrouvé ce que j’appréciais en lui : son dynamisme pastoral qui ressemblait quelques fois à une fougue. La devise qu’il avait choisie comme évêque était en harmonie avec sa personnalité : avance au large ! Il vivait, dans son diocèse, ce que Paul VI a écrit dans sa lettre sur l’Église : « Pour rentrer en dialogue avec le monde dans lequel elle vit, l’Église doit se faire parole, message, conversation… »
Lorsque le temps de la maladie est arrivé, Jacques a fait plusieurs stages dans différents hôpitaux de Lyon. Chaque fois, je lui ai rendu visite. Il m’a avoué ses souffrances physiques : « m’habiller est un véritable calvaire qui dure plus d’une heure car mes épaules n’ont plus de cartilages. » Mais il avait gardé sa sérénité et je pensais à la parole de Paul dans la lettre aux Romains : « Hier c’était pour le Seigneur qu’il avait travaillé. Aujourd’hui c’est également pour le Seigneur qu’il souffrait.

Lorsqu’il a démissionné de son poste d’évêque, pour cause de maladie, il était heureux de retrouver sa ville de Lyon toujours très chère à son cœur. Les propositions du Père Barbarin l’ont enthouismé, car elles lui permettaient de retrouver des communautés chrétiennes, des jeunes, à l’occasion de célébrations comme la Confirmation.
Peu après son arrivée, je lui demande « qu’est-ce qui te ferait plaisir ? » « J’aimerai partager un repas chez toi » m’a-t-il répondu. Nous nous sommes retrouvés non pas pour imaginer l’Église de demain mais pour évoquer des prêtres, des laïcs vivants ou décédés qu’il avait connus ; des évènements qui ont marqués la vie du diocèse de Lyon. Il était heureux de cet échange qui faisait revivre le passé.

Il y a quelques semaines, nous nous sommes retrouvés à la sortie de la messe de Fourvière qui rassemblait des prêtres fêtant un anniversaire de leur ordination. Il m’a dit en quelques mots « nous nous retrouverons en septembre. Je suis très fatigué. Je vais profiter de ces deux mois qui viennent pour aller me reposer. J’avais devant moi un homme à la santé terriblement délabrée. En rentrant, je n’ai pas pu m’empêcher de faire cette confidence à quelqu’un : « j’ai eu beaucoup de peine en voyant Jacques dans cet état ». Lorsqu’on m’a appris sa mort brutale, j’ai eu envie de pleurer comme Jésus sur Lazare. Je perdais vraiment un ami dont l’amitié s’était comme fortifiée avec le temps.
En terminant, je ne puis m’empêcher d’adresser à Jacques ces quelques mots qui veulent rester un chemin d’espérance, un rayon de lumière :
merci de ta foi solide qui savait construire sur le rocher et non pas sur le sable.
Merci de ton accueil qui mettait les petits à l’aise et te faisait devenir le frère de tous les hommes.
Merci pour ta volonté missionnaire qui nous rappelle : on n’aime pas vraiment Dieu si on ne fait rien pour annoncer, proclamer, la Bonne Nouvelle de l’Évangile.
Merci pour ta fidélité à l’Église, celle qui est renouvelée par l’Esprit-Saint, celle de toujours, celle de Vatican II.

A l’issue de la célébration Mgr Le Saux a prononcé la prière du dernier adieu. Dès vendredi il faisait part de son émotion au micro de Antoine Bellier pour RCF Le Mans

Retrouver l’interview de Mgr Le Saux sur rcf Le Mans 101.2 FM
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mmp3Mgr Faivre itw mgr Le Saux.mp3/mmp3

Avec la dispersion de l’été, beaucoup de prêtres et diocésains n’ont pu se rendre à Lyon pour un dernier hommage. Une messe sera donc célébrée à son intention le samedi 11 septembre 2010, à 18h30, à la Cathédrale St-Julien.

C’est donc au cours de la messe d’envoi en mission des EAP de notre diocèse que nous le confierons à la tendresse et à la Miséricorde du Père. A l’issue de la messe, Mgr LE SAUX déposera une plaque commémorative dans la crypte des Évêques.


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