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HOMELIE DE LA VIGILE PASCALE

3 AVRIL 2010

« Le Christ est ressuscité des morts. Il est vraiment ressuscité. »

A travers les lectures, nous avons parcouru la longue histoire du Salut. Depuis la création où par sa parole Dieu créa l’univers et tout ce qu’il contient. « Dieu dit : « Que la lumière soit » et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne…Dieu dit : « Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux » et il en fut ainsi. » (Gn 1, 3.6) Et ainsi jusqu’à la création de l’homme et de la femme.
Puis, on voit Dieu qui, après la rupture du péché, veut faire alliance avec les hommes, à travers toute l’histoire des hommes. Il fait alliance avec Noé, Abraham, Moïse. Ce long parcours aboutit à Jésus, Jésus qui est la Parole de Dieu. Le Verbe s’est fait chair. Jésus va assumer toute la condition humaine jusqu’à mourir sur la croix et par sa résurrection détruire le mal et la mort. Avec Jésus, Parole de Dieu, est réalisée une nouvelle création. Vous avez entendu l’une des oraisons où il est dit : « la mort et la résurrection du Christ, notre Pâque, est une œuvre plus merveilleuse encore que l’acte de la création au commencement du monde. » ou encore « tu as fait merveille en créant l’homme et une plus grande merveille encore en le rachetant. » Toute la liturgie de cette nuit pascale est un résumé de toute l’histoire du Salut.

Dans quelques instants, quatre de nos frères et sœurs vont être baptisés. Ils sont trente adultes à recevoir le sacrement du baptême dans le diocèse en cette nuit, et près de trois mille dans toute la France. Ce sont des milliers d’autres dans le monde. Je vais verser de l’eau sur leur front en invoquant le nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit, comme Jésus invite ses apôtres à le faire « Allez donc de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. » (Mt 28, 19) Par le baptême, ils vont être plongés dans la mort et la résurrection du Christ, pour recevoir le pardon de leurs fautes et entrer dans la vie nouvelle. Comme Jésus le disait au vieux Nicodème qui venait le visiter la nuit, « pour entrer dans le Royaume de Dieu, il faut naître de nouveau. » (Jn 3, 3)
Je vais remettre aux nouveaux baptisés une bougie que j’allumerai du cierge pascal, cierge pascal qui est le symbole du Christ ressuscité, Jésus qui est la lumière du monde. Ceci pour qu’ils en soient éclairés, illuminés, pour qu’ils deviennent eux-mêmes lumière du monde. « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes, et la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. » dit le prologue de St Jean (Jn 1, 4-5)
Le baptême ne concerne pas seulement nos frères et sœurs qui vont recevoir ce sacrement en cette nuit. Nous allons nous-mêmes dans quelques instants renouveler les promesses de notre baptême.

En cette nuit de Pâques, nous sommes appelés à être « transformés ». Nous avons chanté : « Réveille-toi ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts et le Christ t’illuminera. » Accueillons la vie du Christ au plus intime de nous-mêmes. Entrons dans la joie véritable. Laissons le don du baptême modifier nos vies. Nous entretenons encore en nous des compromissions avec la tristesse, l’amertume, la mort. Que le mal et la mort n’aient plus de place dans nos cœurs. Qu’en cette nuit, nous accueillions la lumière du Christ, la vie du Christ, la joie véritable que personne ne pourra nous ravir.
Nous sommes dans un monde qui offre de multiples illusions, de nombreuses parodies de bonheur, l’illusion de trouver la vie en se passant de Dieu, l’illusion de penser que l’on peut être libre en excluant la vérité et la responsabilité, l’illusion de laisser entendre que les biens matériels comblent le cœur. Tout cela est venu parfois éteindre en nous la lumière de la joie, de l’espérance et de l’Amour. En cette nuit, accueillons de manière nouvelle la vie du Christ ressuscité. Dans le livre du Deutéronome, Dieu dit à son peuple : « Je mets devant toi la vie et la mort. Choisis donc la vie » (Dt 30, 19) Dieu ne peut que nous supplier d’accueillir la vie, il ne peut en aucun cas nous l’imposer. En ce soir, regardons Jésus ressuscité disant à chacun d’entre nous : « choisis la vie, entre dans la vie que je te donne. Je suis la résurrection et la vie. »

En cette nuit, je vous invite à suivre Jésus. Tout disciple du Christ à un moment ou un autre croise le regard du Christ qui lui dit « viens et suis moi »
Dans une période de la vie de l’Eglise où nous sommes bouleversés par le comportement grave et inacceptable de prêtres, et en cela, il faut être clair et aucune tolérance n’est acceptable, l’Eglise, courageusement et douloureusement, a commencé à entreprendre ce travail de clarification. Mais, nous sommes aussi bouleversés par les soupçons injustes posés sur l’ensemble des prêtres et du Saint Père, alors que tous nous savons très bien que ce grave drame ne concerne pas que l’Eglise mais toute notre société.
J’ose vous inviter à suivre radicalement le Christ, mort et ressuscité, car c’est la seule et véritable réponse. Demander à un catéchumène : « veux-tu recevoir le baptême ? » signifie lui demander en même temps : « veux-tu devenir un saint ? » Souvent, nous pensons que ce n’est pas possible. En réalité, nous avons peur, car nous nous méprenons sur ce qu’est la sainteté. Le saint est simplement quelqu’un qui humblement, pauvrement, avec ses échecs et ses incapacités, s’est déterminé à suivre Jésus, et à lui faire confiance, à accepter malgré ses pauvretés à se mettre à la disposition de Jésus. Suivons celui qui n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. Suivons celui qui est passé par la mort, a vaincu la mort et qui donne la vie au monde. Pour devenir ses mains et son cœur pour nos frères et sœurs, le cœur pour aimer et prier, les mains pour travailler et servir. Etes-vous disposés à accueillir la mission que Dieu veut vous confier ?
Suivre le Christ suppose prendre position pour lui, et donc souvent cela exige aujourd’hui comme hier, d’aller à contre-courant. Il ne vous sera peut-être pas demandé de verser votre sang, mais de garder la fidélité au Christ, oui certainement, une fidélité à servir dans les situations quotidiennes.
Suivre le Christ produit une joie profonde, la joie du don, la joie de servir. Notre vie ne prend sens que si nous la donnons. Je sais que donner suppose un certain détachement et un certain renoncement, et que cela n’est pas à la mode. Pourtant, on ne trouve la joie que dons le don.

Au cœur de cette nuit où nous célébrons le Christ ressuscité, je vous invite à dire oui au Christ. Dire oui au Christ, c’est dire oui aux idéaux les plus grand de notre cœur. N’ayez pas peur de vous en remettre à lui. Il vous guidera, il vous donnera la force de le suivre chaque jour et en toute situation. Je vous invite à la confiance absolue en Jésus ressuscité d’entre les morts.

Monseigneur Yves Le Saux
Evêque du Mans


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