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HOMELIE DE LA VIGILE PASCALE - avril 2012


Le Christ est ressuscité des morts.
En cette nuit, nous célébrons toute l’histoire du Salut, depuis la création, le drame de la rupture du péché, l’initiative de Dieu qui au cours de l’histoire humaine cherche à faire alliance avec l’homme, jusqu’au Christ. Plus précisément, jusqu’à la Passion, la mort et la résurrection du Christ. Il est celui en qui l’homme est réconcilié avec Dieu, celui par qui la vie éternelle nous est donnée, celui par qui les portes du royaume des Cieux s’ouvrent pour accueillir les croyants. La quatrième prière eucharistique résume admirablement cette histoire. « Père, nous proclamons que tu es grand et que tu as créé toute chose avec sagesse et par amour : tu as fait l’homme à ton image. Comme il avait perdu ton amitié en se détournant de toi, tu ne l’as pas abandonné au pouvoir de la mort. Dans ta miséricorde, tu es venu en aide à tous les hommes pour qu’ils te cherchent et puissent te trouver. Tu as multiplié les alliances avec eux, tu as tellement aimé le monde, Père très saint, que tu nous as envoyé ton Fils. Il s’est livré lui-même à la mort, et par sa résurrection, il a détruit la mort et renouvelé la vie. »
En cette veillée de Pâques, nous sommes plongés dans cet évènement. Je vous invite à la louange, à l’action de grâces pour l’œuvre de Dieu, à vous réjouir, à vous émerveiller. Nous sommes parfois tellement habitués à dire « le Christ est ressuscité » que nous perdons la conscience de ce qu’il y a de prodigieux, d’incroyable.
Dieu nous a créés pour le bonheur. Il ne s’est pas arrêté à notre désobéissance. Il ne nous a pas abandonné. Par la résurrection du Christ, la mort est vaincue. La vie nouvelle nous est donnée. Entrons dans la louange comme nous y a invité le chant de l’Exultet, l’annonce de la Pâque. Exultez de joie, multitude des anges, exultez serviteurs de Dieu. Dieu se donne à ceux qui chantent sa louange.
En cette nuit, la lumière a jailli dans les ténèbres de la mort. Nous avons allumé le feu nouveau. Nous avons marché à la lumière du cierge pascal. « Le Verbe est la vraie lumière qui venant dans le monde illumine le monde » dit le prologue de St Jean. Jésus est la lumière du monde. Le livre de l’Apocalypse affirme magnifiquement : « Les serviteurs de Dieu verront son visage et son nom sera écrit sur leur front. La nuit n’existera plus, ils n’auront plus besoin de la lumière d’une lampe, ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera. » (Ap 22, 4-5) « Je suis la lumière du monde, qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie. » (Jn 8, 12) C’est exactement ce qui se passe dans et par la résurrection du Christ. C’est ce qui est donné à nos frères et sœurs qui vont être baptisés dans quelques instants. Les Pères de l’Eglise parlaient du baptême comme d’une « illumination ». « Ce bain est appelé illumination parce que ceux qui le reçoivent ont l’esprit illuminé. »
En cette nuit, nous sommes donc invités à accueillir la lumière du Christ, à rejeter les œuvres des ténèbres pour venir à la lumière. Pour être chrétien, il nous faut renoncer aux ténèbres, au mal, au péché, et à ce qui y conduit. Si par hasard, il restait dans vos vies des zones de ténèbres, de mensonge, n’ayez pas peur de laisser la lumière du Christ y entrer.
Dans quelques instants, je vais interroger les futurs baptisés en leur demandant : « Pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu, rejetez-vous le péché ? Pour échapper au pouvoir du péché, rejetez-vous ce qui conduit au mal ? Pour suivre Jésus-Christ, rejetez-vous Satan qui est l’auteur du péché ? » En principe, on répond : « je le rejette »
Dans la mort et la résurrection du christ, une vie nouvelle nous est donnée. Je pense au vieux Nicodème qui allait voir Jésus pendant la nuit. Jésus lui dit : « En vérité, je te le dis, à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. » Nicodème ne comprend rien. « Comment un homme peut-il naître s’il est vieux ? » Jésus insiste : « Je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. » (Jn 3, 3-4) Cette vie nouvelle jaillit de la résurrection du Christ. Par sa résurrection, cette vie nouvelle nous est accordée. Là encore, nos frères qui vont être baptisés vont recevoir le pardon des péchés et devenir une création nouvelle. Ils vont être plongés dans sa mort pour entrer dans une vie nouvelle. Ils vont devenir fils et filles adoptifs de Dieu en participant de la vie divine.
La résurrection du Christ n’est pas seulement la promesse d’une vie éternelle à venir. Elle est don de la vie divine déjà maintenant. Saint Paul dira : « Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut. » (Col 3,1) C’est une invitation à vivre de la vie du ressuscité, de la vie divine dès maintenant. Il ne s’agit pas de vivre hors du monde, mais de vivre autrement dans le monde.
Nous qui entourons ce soir nos frères et sœurs qui vont recevoir le baptême, nous avons aussi à raviver en nous le don de Dieu. Parfois avec le temps, petit à petit, nous avons perdu notre élan. Nous avons oublié le don de la vie nouvelle qui nous a été fait. Parfois, nous sommes tombés dans « la fatigue de croire », formule employée par Benoît XVI, à cause de l’activisme, de la paresse intérieure, de la division, du manque de miséricorde. Que le témoignage de nos frères et sœurs ravivent en nous la vie nouvelle.
Cette nouvelle vie dans le Christ est un appel à la sainteté. Avant le baptême, nous allons invoquer les saints du ciel. Bien sûr, c’est pour leur demander de prier et d’intercéder pour les nouveaux baptisés de cette nuit, mais c’est aussi avant tout, pour nous rappeler que nous avons tous la vocation à la sainteté. « Demander à un catéchumène : « Veux-tu recevoir le Baptême ? » signifie lui demander en même temps : « Veux-tu devenir saint ? » (JP II, Novo Millennio Ineunte, n°31) Souvent, nous avons une fausse image de ce qu’est la sainteté. Nous pensons qu’elle est le fruit d’énormément d’efforts pour arriver à une certaine perfection, à laquelle en réalité seulement quelques personnes arrivent exceptionnellement. La sainteté n’est pas cela. Ce n’est pas la perfection morale. C’est la perfection de la charité au sens où nous accueillons la sainteté même de Dieu, qui est en Dieu, et que nous laissons se déployer en nous. Au fond, la sainteté est assez simple. C’est laisser la vie divine reçue par le baptême et la confirmation se déployer en nous. C’est laisser la lumière du Christ nous éclairer de telle sorte que nous devenons lumière du monde.
La sainteté n’est pas quelque chose à acquérir. Elle consiste à laisser croître en nous la vie du Christ en écartant ce qui est contraire à cette vie. En réalité, un saint n’est jamais qu’un chrétien normal, c’est-à-dire un pauvre pécheur qui entre en dialogue avec le Christ ressuscité et se laisse petit à petit transformer par la puissance de la résurrection. « Appelés par Dieu, non au titre de leurs œuvres mais au titre de son dessein gracieux, justifiés en Jésus notre Seigneur, les disciples du Christ sont véritablement devenus par le baptême de la foi, fils de Dieu, participants de la nature divine et, par la même, réellement saints. Cette sanctification qu’ils ont reçue, il leur faut donc, avec la grâce de Dieu, la conserver et l’achever par leur vie. » (LG, n°40)
On ne peut pas grandir dans la sainteté tout seul. De la même manière que nous ne sommes jamais chrétien tout seul. C’est aussi ce que produit le baptême. Par le baptême, nous sommes incorporés à l’Eglise. Le baptême fait de nous des membres du Corps du Christ. Nous sommes devenus membres les uns des autres. Nous avons donc à nous entraîner les uns les autres à la sainteté. Ce soir, nous sommes heureux d’accueillir de nouveaux frères et sœurs.
En cette nuit de Pâques, je vous invite à rejoindre cette foule immense de ceux qui ont été bouleversés par le témoignage des apôtres annonçant la résurrection du Christ, et qui ont été bouleversés parce qu’ils ont eux-mêmes expérimenté la présence du Christ. Ces personnes ont suivi le Christ au cours de l’histoire, et ont donné leur vie pour annoncer au monde la joie véritable.

Mgr Yves Le Saux
Evêque du Mans


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