Accueil > Notre Evêque > Homélies et prises de parole > HOMÉLIE DE MGR LE SAUX POUR LA VIGILE PASCALE 2011

HOMÉLIE DE MGR LE SAUX POUR LA VIGILE PASCALE 2011

HOMÉLIE DE MGR LE SAUX POUR LA VIGILE PASCALE

23 avril 2011


Le Christ est ressuscité d’entre les morts.
En cette nuit de Pâques, nous sommes plongés au cœur de la foi. Nous sommes invités à nous réapproprier toute l’histoire du Salut et à laisser se déployer en nous la vie du Christ ressuscité.
Comme chaque année, nous avons entendu le long récit de l’histoire du Salut, de la création du monde jusqu’à sa recréation dans le Christ. La clé de lecture, clé qui nous permet de comprendre l’histoire du Salut, c’est l’amour de Dieu. Dieu est amour. Nous avons cru à l’amour de Dieu. C’est le choix et l’expérience fondamentale de la vie des chrétiens.
Amour créateur. Dieu crée le monde par amour et place l’homme au sommet de la création pour partager avec lui la plénitude de sa vie. La création n’est pas le produit d’une nécessité, ni d’une décision aveugle, ou du hasard. Mais elle est créée librement, car Dieu a voulu la faire participer à son être, à sa sagesse et à sa beauté. Il vit que cela était bon. Il place l’homme au sommet de la création, il le crée à son image. Son intention est de faire entrer l’homme dans la communion avec lui, le faire participer en plénitude au bonheur. C’est ce que nous dit la Bible à propos de la création.
Amour rédempteur. Le péché de l’homme avec ses conséquences, jusque dans la création, n’a pas arrêté Dieu car il est fidèle. C’est toute l’histoire du salut. Dieu vient vers l’humanité pour faire alliance avec elle. Il appelle Noé. Il choisit Abraham et Moïse. Il envoie les prophètes, comme le formule admirablement la quatrième prière eucharistique. « Comme il avait perdu ton amitié en se détournant de toi, tu ne l’as pas abandonné au pouvoir de la mort. Dans ta miséricorde, tu es venu en aide à tous les hommes pour qu’ils te cherchent et puissent te trouver. Tu as multiplié les alliances avec eux, et tu les as formés par les prophètes dans l’espérance du Salut. Tu as tellement aimé le monde, Père très Saint, que tu nous as envoyé ton Fils pour qu’il soit notre sauveur. »
Tout ce chemin s’accomplit en Jésus, lui qui est le chemin, la vérité et la vie. Par sa mort et sa résurrection, il a détruit la haine, il a détruit le mur qui nous séparait de Dieu, le mur qui séparait les hommes les uns des autres. Comme dit l’une des oraisons que nous avons entendues : « toi qui a fait merveille en créant l’homme et plus grande merveille encore en le rachetant. »
La résurrection du Christ est le fondement de la foi chrétienne, et de la vie chrétienne. La foi chrétienne tient par la vérité du témoignage selon lequel le Christ est ressuscité des morts. Saint Paul le dit avec une grande force : « Mais si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi. » (1 Cor 15, 14) Si l’on supprime cela, il reste dans la tradition chrétienne un certain nombre d’idées dignes d’attention sur Dieu et sur l’homme, une sorte de conception du monde intéressante mais la foi chrétienne est morte. Jésus est alors une personnalité religieuse qui a échoué tout en demeurant une belle figure qui peut s’imposer à notre réflexion, mais son message est laissé à notre appréciation personnelle.
Seulement, si Jésus est ressuscité, s’il est vraiment ressuscité, alors quelque chose de véritablement nouveau s’est produit qui change le monde et la situation de l’homme. Jésus devient alors le roc solide sur lequel nous pouvons nous appuyer. Alors l’espérance est réelle. Alors la vie a un sens. Alors nous ne sommes plus seuls.
Nous croyons que Jésus est ressuscité d’entre les morts en nous appuyant sur le témoignage des apôtres, des premiers disciples, des martyrs qui ont donné leur vie, des innombrables hommes et femmes qui ont suivi le Christ au long de l’histoire parce que leur vie a été transformée par la rencontre mystérieuse et profonde avec Jésus vivant.
Je crois que Jésus est ressuscité et je vous annonce qu’il est vivant aujourd’hui parmi nous.
En cette nuit où nous célébrons sa résurrection, nous sommes invités à accueillir de manière renouvelée la vie nouvelle qui nous est donnée dans le Christ Jésus. Nous allons le faire en entourant nos deux frère et sœur, Julie et Gaëtan, qui dans quelques instants vont recevoir le sacrement du baptême. Nous croyons que Jésus est ressuscité d’entre les morts, que la mort est vaincue, que le pardon est accordé aux hommes, que la vie a un sens.
En cette nuit, je vous invite à entrer dans la confiance et l’espérance. Nous sommes dans une époque troublée. Nous sommes affectés par les catastrophes, les guerres, les conséquences de la crise économique qui conduit nombre de gens à la pauvreté, à la précarité, les difficultés à accepter des cultures, ou religions étrangères, l’inquiétude pour l’avenir. Nous sommes dans une société marquée par une sorte de peur, tentée de découragement et de désespérance. J’ai l’audace de vous appeler à la confiance, à la confiance en Dieu. Parce que le dernier mot sur la vie n’est pas la mort, mais la vie éternelle, parce que nous sommes aimés, parce que le pardon est possible. La question est de savoir en qui nous mettons notre confiance. Si c’est en nous-mêmes, en notre seule intelligence, ou en nos seules forces, il y a des raisons de s’inquiéter. Le Père Liberman, fondateur des spiritains, disait : « ce qui paralyse le plus les croyants et les empêche d’avancer, c’est leur manque de confiance. » Je vous invite à mettre votre confiance en Jésus ressuscité d’entre les morts. Comme le disait Jean Paul II, il est le seul que nous pouvons croire sans la moindre réserve quand il nous dit : n’ayez pas peur. La puissance de la croix du Christ et de sa résurrection est toujours plus grande que tout le mal dont l’homme pourrait et devrait avoir peur. Le croyons-nous ? Le croyez-vous ?
Cette confiance n’est pas l’assurance que nous n’aurons pas à vivre des moments difficiles. Cette confiance vient de ce que l’amour est plus fort que la mort. Comme le dit Saint Paul : « oui, j’en ai l’assurance, ni mort, ni vie, ni anges, ni principautés, ni présent, ni avenir, ni puissances, ni hauteur, ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur. » (Rm 8, 38)
Je vous invite à la joie. A la dernière cène, Jésus dit à ses disciples : « C’est ainsi que vous êtes maintenant dans l’affliction ; mais je vous verrai de nouveau et votre cœur se réjouira, et cette joie, nul ne vous la ravira. » (Jn 16, 22) Il s’agit de la joie du Salut, la joie du pardon, la joie de ne plus être seul, la joie de l’éternité déjà présente dans nos vies, la certitude que Dieu est notre avenir et notre espérance, la joie d’être aimé. Le premier témoignage que nous avons à rendre, c’est celui de la joie. Cette joie qui a saisi les femmes au matin de Pâques. Femmes dont il est dit qu’elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses et qui coururent porter la nouvelle aux disciples. La joie est le pivot de la vie religieuse disait Mère Teresa de Calcutta. Permettez-moi de la citer en cette nuit de Pâques. « Une religieuse pleine de gaieté est comme le soleil dans sa communauté. (Vous pouvez remplacer religieuse par chrétien) La gaieté est le signe de la générosité. Ceux qui ont le don de la joie atteignent les sommets de la perfection. Nous devons être sûrs que les malades, ceux qui souffrent, trouvent en nous d’authentiques anges de consolation et de réconfort. Pourquoi notre travail dans les bidonvilles a-t-il été béni par Dieu ? Pas à cause de nos qualités personnelles, mais de la joie que montrent certaines religieuses. Notre joie est le plus sûr moyen d’annoncer le Christ au monde. »
En cette nuit pascale, alors que Julie et Gaëtan vont recevoir le baptême, laissons-nous transformer par la joie du Christ ressuscité.


Mgr Yves Le Saux
Evêque du Mans


Actualités Notre Evêque Paroisses et doyennés Diocèse Prier et célébrer Eglise et société Contacts
Liens