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HOMÉLIE DE MGR LE SAUX POUR LE JOUR DE PÂQUES 2011

HOMÉLIE DE MGR LE SAUX POUR LE JOUR DE PÂQUES

24 avril 2011


Le Christ est ressuscité d’entre les morts.
Que nous dit l’évangile de ce matin de Pâques ? Marie-Madeleine se rend au tombeau, alors qu’il fait encore sombre. Elle est pleine d’amour pour le Seigneur et aussi pleine de souffrance et de douleur. En arrivant au tombeau, elle a une surprise. La pierre qui fermait le tombeau a été enlevée. Elle se précipite pour chercher Simon-Pierre et l’autre disciple. Elle pense que le corps de Jésus a été enlevé. « On a enlevé mon Seigneur de son tombeau, et je ne sais pas où on l’a mis. » (Jn 20,13) Tout le passage de l’évangile veut faire saisir que la résurrection est vraiment inattendue pour les disciples eux-mêmes. Ils pensaient que la mort de Jésus avait mis fin à son action. Ils n’avaient pas compris ce que Jésus avait annoncé à propos de la résurrection.
Pierre et le disciple que Jésus aimait courent aussi vers le tombeau, étonnés de la nouvelle. Ils entrent dans le tombeau. D’abord Pierre, et ensuite l’autre qui était arrivé plus vite car il était plus jeune. Ils constatent que le tombeau est vide. Seuls, sont restés le linceul dans lequel on avait mis Jésus et qui est resté à sa place, et les linges qui couvraient son visage. Le corps de Jésus a disparu sans que l’on ait touché au linceul. Le disciple que Jésus aimait comprend. Il vit et il crut.
Plus tard, Marie Madeleine, qui est restée là à pleurer, rencontre Jésus ressuscité. Elle sera la première à annoncer la résurrection. Le soir de ce même jour, Jésus ressuscité apparaîtra à tous les disciples réunis ensemble, ainsi qu’aux deux disciples sur le chemin d’Emmaüs, et d’autres fois encore.
La foi en la résurrection est au cœur de la foi chrétienne, elle en est le fondement. « Si le Christ n’est pas ressuscité, vide est notre message, et vide aussi est votre foi. » (1 Cor 15, 14) Si on supprime la foi en la résurrection, ou si on considère que ce n’est pas si sûr, alors le message de l’évangile est sans doute digne d’attention. C’est une conception religieuse du monde parmi d’autres. Jésus demeure une figure intéressante, mais en réalité, c’est un échec, et nous ne sommes plus chrétiens. La résurrection du Christ n’est pas objet d’opinion. Elle est le fondement de la foi chrétienne.
La résurrection du Christ est un évènement qui bouleverse l’histoire de l’humanité. Notre foi repose sur le témoignage des apôtres, et des premiers disciples. Ils se sont retrouvés face à un évènement qui, pour eux-mêmes, était totalement nouveau, au-delà de l’horizon de leurs expériences. La réalité de ce qui est arrivé les a profondément bouleversés, au point qu’ils ne peuvent pas ne pas en témoigner. Toute leur vie, l’histoire de l’humanité, le sens de la vie et de la mort, en sont radicalement modifiés. Tous iront jusqu’au martyre pour témoigner de cet évènement. Des millions et des milliers d’hommes et de femmes donneront leur vie au cours des siècles parce qu’ils ont mystérieusement rencontré le Christ vivant dans leur vie.
Pour préciser. La résurrection de Jésus n’est pas un simple miracle d’un cadavre réanimé. Cela n’a pas de réel intérêt. La résurrection de Jésus est d’un autre ordre que la résurrection de Lazare qui nous est rapportée dans l’évangile et de celle du jeune de Naïn. Dans ce cas, il s’agit d’un retour à la vie qui ne les empêchera pas de mourir plus tard.
La résurrection de Jésus est le passage dans une vie nouvelle, vers une vie qui n’est plus soumise aux lois de la mort, une vie dans un genre totalement nouveau. Par sa résurrection, il détruit définitivement la mort. Cette vie nouvelle promise au vieillard Nicodème est la plénitude de la vie.
Pour les apôtres, cela était complètement inattendu, bouleversant. Ils l’ont rencontré ressuscité. Ils sont complètement dépassés. C’est vraiment lui. Ils l’ont vu vivant, ils lui ont parlé, ils l’ont touché, même s’il n’appartient plus au monde de ce qui est normalement touchable. Jésus ressuscité est présent de manière vraiment réelle. C’est vraiment lui dans la plénitude de son identité. Pour les premiers disciples, c’est une expérience qui les dépasse totalement, et pourtant c’est une expérience qui est totalement incontestable. Quelque chose qui dépasse toute expérience et qui est cependant présent de manière absolument réelle.
Croyons-nous à la résurrection ? Croyez-vous vraiment que Jésus est ressuscité d’entre les morts ? Ou il est ressuscité, ou il n’est pas ressuscité. Il n’y a pas de situation intermédiaire, il n’y a pas d’entre deux. On ne peut pas y croire à moitié seulement.
Alors si le Christ est vraiment ressuscité, c’est prodigieux. L’Eglise croit que le Christ est ressuscité. Je crois que le Christ est ressuscité, et c’est une joie profonde pour nous de l’annoncer au monde.
Par notre baptême, nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ. Saint Paul nous dit avec force : « vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut. Tendez vers les réalités d’en haut. » (Col 3, 1) Qu’est-ce que cela veut dire ? Il ne s’agit pas de fuir le monde. Il s’agit d’une manière de vivre. Il s’agit de laisser se déployer en nous la vie nouvelle du Christ et tendre à correspondre au don qui nous est fait. Laissons-nous transformer par la puissance de la résurrection du Christ. Ce n’est pas seulement l’espérance d’une vie après la mort, mais c’est naître de nouveau pour employer l’expression de Jésus lui-même. Naître de nouveau aujourd’hui, vivre d’une vie nouvelle. Dans ces lettres, Saint Paul insiste sur cette vie nouvelle. Il nous faut revêtir l’homme nouveau. Il faut nous revêtir de l’amour, nous enraciner, nous fonder en lui. Il n’est pas question de ne pas vivre la vie ordinaire, mais de la vivre autrement. Tout ce que vous pouvez dire ou faire, faites-le nom du Seigneur Jésus, en rendant grâce à Dieu. Il s’agit de vivre réellement en chrétien.
Au moment où beaucoup de contemporains sont désorientés par les bouleversements de notre société, ou sont dans l’inquiétude et l’incertitude face à l’avenir, nous devons témoigner que le Christ ressuscité est notre présent, notre avenir et notre espérance. Ayons confiance en Dieu, il n’abandonne pas son peuple. Est-ce vraiment sur le Christ ressuscité que nous avons construit notre vie ? « Celui qui a vraiment rencontré le Christ ressuscité ne peut le garder pour lui-même. Il doit l’annoncer. » (JP II, Novo millenio ineunte, n°40)
Accueillons la vie nouvelle, celle de Jésus ressuscité d’entre les morts.

Mgr Yves Le Saux
Évêque du Mans


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