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HOMÉLIE DE MGR LE SAUX POUR LES 150 ANS DE FONDATION DES SŒURS FRANCISCAINES MISSIONNAIRES DU SACRE CŒUR

HOMÉLIE DE MGR LE SAUX POUR LES 150 ANS DE FONDATION DES SŒURS FRANCISCAINES MISSIONNAIRES DU SACRE CŒUR

21 MAI 2011


Chers frères et sœurs, nous sommes réunis pour célébrer l’eucharistie avec les sœurs franciscaines missionnaires du Sacré Cœur, pour rendre grâce à Dieu pour la fondation de leur congrégation, il y a 150 ans. Rendons grâce à Dieu pour le don qu’il a fait à l’Eglise en suscitant par sa Providence la naissance de la congrégation.
C’est aussi pour le diocèse l’occasion de vous dire merci, mes chères sœurs, pour votre présence au service de la mission dans le diocèse. Nous vous remercions pour ce que vous avez accompli auprès des prêtres âgés à la maison St Aldric pendant toutes ces années, mais aussi pour votre présence rayonnante au milieu de nous. Merci à la congrégation en général, mais surtout à chacune d’entre vous en particulier. Merci.
L’anniversaire d’une fondation n’est pas seulement le souvenir d’une histoire passée. C’est une étape pour revenir à l’intuition fondatrice, accueillir un nouvel élan, raviver le don de Dieu.
Dans sa Providence, Dieu a voulu la rencontre de deux personnes d’histoire, de tempérament, de formation très différents pour fonder votre famille religieuse. Une dame française, Laure Leroux, duchesse de Bauffremont et le Père Grégoire Fioravanti, religieux franciscain mineur italien, professeur de théologie et de philosophie, provincial de sa congrégation. La rencontre fortuite de ces deux êtres en 1859 à Venise va être à l’origine de votre fondation. Vous vous êtes toujours considéré comme le fruit de la Providence de Dieu. Pas d’abord celui d’un projet, mais d’une rencontre providentielle. Je ne peux que vous inviter à vous laisser encore guider par la Providence de Dieu avec ce qu’elle a parfois de surprenant. Je me permets de citer votre fondateur.
Admirer « les nombreuses et innombrables voies de la divine Providence », même quand cela ne semble pas correspondre à ce que nous avions projeté.
Être sûr que « les manières d’agir de Dieu sont toujours merveilleuses et que nous n’avons aucun droit à lui demander : pourquoi cela de cette façon et non pas autrement. » 
Cet attachement à la Providence est au fondement de votre vocation. Elle est une invitation à vivre dans la louange de Dieu et la confiance en lui. Comme l’exprime la première lecture « je vais célébrer les louanges du Seigneur pour tout ce qu’il a accompli pour nous. Il fut pour eux un sauveur dans toutes leurs angoisses. Il s’est chargé d’eux et les a portés. » (Is 63, 7-9) Le Seigneur a toujours été là auprès de vous, à travers les joies et les difficultés. Il le sera toujours pour l’avenir.
J’ai un peu réfléchi au nom de votre congrégation : franciscaines, missionnaires, Sacré Cœur. Je me suis dit, au risque de ne pas être très original, que cela devait résumer l’essentiel de votre vocation.
Franciscaine : cela vous met en référence avec Saint François, le pauvre d’Assise. D’ailleurs, le premier nom de votre congrégation était les sœurs mineures du tiers ordre de notre père Saint François au service de la mission apostolique. De Saint François d’Assise, je me permets de retenir la volonté de vivre la pauvreté évangélique, de ne rien posséder à soi. Mais aussi la simplicité, la petitesse, d’où l’expression « mineur » ; être pauvre à l’imitation du Christ pauvre, être petit à l’imitation du Christ petit. Je retiens aussi ce qui peut-être est le cœur de sa vie : la configuration au Christ crucifié. Il a tellement voulu ressembler au Christ qu’il lui a été accordé de lui ressembler jusque dans sa Passion. C’est-à-dire de pouvoir être uni au Christ qui donne sa vie pour le Salut du monde.
Je vous invite à continuer à tendre à cette union à Jésus. Bien sûr, nous voudrions tous aimer comme Jésus aime. Il me semble que c’est cela que votre fondateur exprimait en disant que vous avez à être de vraies filles élues du crucifié. Tous, nous constatons que nous n’y arrivons pas vraiment. Il y a une distance entre notre aspiration et ce que nous réussissons à vivre réellement. Cependant, il nous faut continuer à y aspirer. Ressembler à Jésus jusqu’à donner notre vie avec lui, par amour, à la suite de Saint François. Dieu lui-même est capable de faire en vous et avec vous ce qui nous est impossible.
Il s’agit de vous laisser saisir, comme le dit l’expression de Saint Paul : « Que le Christ habite en vos cœurs par la foi et que vous soyez enracinées, fondées dans l’amour. Ainsi, vous recevrez la force de comprendre avec tous les saints ce qu’est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur. Vous connaîtrez l’amour du Christ et vous entrerez par votre plénitude dans la plénitude de Dieu. » (Eph 3, 17-19)
Missionnaire : vous savez que la mission est la raison d’être de l’Eglise. Le Christ est le premier missionnaire. Il est envoyé dans le monde pour nous révéler l’amour du Père et nous réconcilier avec lui et ainsi nous rétablir dans notre dignité. De la même manière que le Père a envoyé le Fils dans le monde, le Christ nous envoie dans le monde.
Pour vous, votre vocation propre vous conduit à une disponibilité totale pour être envoyées. Vous êtes disposées à être envoyées n’importe où dans le monde. D’ailleurs, je tiens à vous remercier encore de cette disponibilité. La plupart d’entre vous, vous avez quitté votre pays, votre culture propre pour être envoyée. C’est à cause de cette disponibilité que nous avons la grâce de votre présence parmi nous.
Être missionnaire, c’est être messager de l’amour de Dieu pour le monde, et pour chacun en particulier. Votre vocation est de rendre présent l’amour et la tendresse de Dieu partout où la Providence vous a envoyé. Vous connaissez cette expression de Paul VI dans Evangelii nuntiandi : « le monde a plus besoin de témoin que de maître. » (n°41) Le témoin est celui qui rend compte d’une expérience personnelle. Il parle d’un Dieu qu’il connaît. Si en plus, c’est un maître, c’est bien.
Je me permets de rapporter ici une citation du Pape JP II : « l’homme est aimé de Dieu. Telle est l’annonce si simple et si bouleversante que l’Eglise doit annoncer à l’homme. La parole et la vie de chaque chrétien peuvent et doivent faire retentir ce message : Dieu t’aime, le Christ est venu pour toi. Pour toi, le Christ est le chemin, la vérité et la vie. »
Sacré Cœur : missionnaire du Sacré Cœur équivaut à être missionnaire de l’amour, de la tendresse, de la miséricorde de Dieu pour l’humanité. Pour être missionnaire du Cœur de Jésus, il faut avoir le Cœur de Jésus. D’où bien sûr, le choix de l’évangile. « Mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de cœur. » (Mt 11, 29)
Je voudrais vous rendre attentives à trois dimensions. Il s’agit en premier lieu de se laisser saisir sans cesse par l’amour passionné du Christ pour l’humanité, en être constamment bouleversée. C’est aussi se laisser transpercer le cœur par le drame de la souffrance humaine, de la solitude, de la douleur et de la désespérance de nos frères et sœurs. Enfin, il s’agit de supplier le Seigneur qu’il nous donne un cœur semblable au sien, de nous laisser transformer le cœur. Vivre jour après jour à l’école du Cœur de Jésus. « Auprès du Cœur du Christ, le cœur de l’homme reçoit sa capacité d’aimer. » disait JP II.
Si je vous invite à vivre tout cela en ce jour anniversaire de votre fondation, c’est parce que déjà vous le vivez, mais c’est surtout pour nous tous. Car en réalité, tous les baptisés sont conviés à prendre ce chemin. Mais si vous le vivez au milieu de nous comme de manière plus immédiate, vous nous entrainez à le vivre avec vous. Nous avons besoin de votre témoignage.
Pour conclure, je me permets de citer Sainte Marguerite-Marie : « l’amour vous rendra tout facile ».
Je rends grâce à Dieu qui dans sa Providence a permis que vous soyez présentes dans le diocèse.

Mgr Yves Le Saux
Évêque du Mans


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