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HOMELIE DU DIMANCHE DE PÂQUES

4 AVRIL 2010


En ce matin de Pâques, que la joie du Christ ressuscité vous soit accordée.
L’évangile nous montre Pierre et Jean qui courent vers la tombe parce qu’ils ont appris par Marie-Madeleine que le tombeau est vide. « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, nous ne savons pas où on l’a mis. » (Jn 20, 2) Les deux apôtres arrivent au tombeau, Pierre en premier lieu, puis Jean. Il constate que le tombeau est vide, et il est dit de l’autre disciple : « Il vit et il crut » (Jn 20, 8). Ce « il vit et il crut » fait écho au début de l’évangile de St Jean, où à la question que pose Jésus : « que cherchez-vous ? », les disciples répondent : « où demeures-tu ? » (Jn 1, 37) Le texte continue en disant « venez et voyez. Ils vinrent donc et ils virent » (Jn 1, 39)
Aujourd’hui, il nous est dit : « il vit et il crut. » Qu’ont-ils vu ? Ils ont vu le Christ, ils ont vu Jésus. Ils l’ont écouté parler, ils l’ont vu guérir les malades et faire le bien. Ils l’ont vu souffrir, être rejeté et mourir. Ils ont vu le tombeau vide, ils l’ont vu ressuscité. Leur vie en a été transformée, bouleversée. Au point d’obéir aux consignes de Jésus d’aller dans le monde entier annoncer la Bonne Nouvelle, qui est que le mal et la mort n’ont pas le dernier mot, que Jésus a vaincu le mal et la mort.
En ce matin de Pâques, je vous invite à vous interroger : « Que cherchez-vous ? » Quel est le désir le plus profond de votre cœur ? N’ayons pas peur d’entrer en nous-mêmes et de nous interroger vraiment sur ce que nous cherchons vraiment, à travers nos peines, nos joies, nos révoltes, nos peurs.
Une réponse possible est le bonheur. Un psaume pose la question : « qui nous fera voir le bonheur ? » (Ps 4, 7) En ce matin, j’ai l’audace de vous dire que le bonheur est possible, que Dieu veut le bonheur de l’homme. « En réalité, c’est Jésus que vous cherchez quand vous rêvez de bonheur. C’est lui qui vous attend quand rien de ce que vous trouvez ne vous satisfait. C’est lui la beauté qui vous attire tellement, c’est lui qui vous provoque par la soif de radicalité qui vous empêche de vous habituer aux compromis, c’est lui qui vous pousse à faire tomber les masques qui faussent la vie. C’est lui qui lit dans votre cœur les décisions les plus profondes que d’autres voudraient étouffer. C’est Jésus qui suscite en vous les désirs de faire de votre vie quelque chose de grand. » (JP II)

Nous vivons une époque de l’histoire trouble et difficile. Cela est sans doute vrai de toutes les époques. Les conflits dans toutes les parties du monde, l’individualisme et la solitude, l’esclavage de l’argent, les familles déstructurées, les nouveaux problèmes liés à la science, les exclus de toutes sortes, les gens marginalisés. Notre Eglise elle-même est douloureusement blessée par le comportement grave et inacceptable de certains prêtres. Et en ce domaine, une clarté absolue est nécessaire. Mais aussi par le soupçon posé sur le Saint Père, sur tous les prêtres qui pour leur large majorité se donnent généreusement et droitement.
La tentation de la désespérance traverse le cœur de nos contemporains et notre propre cœur. La disparition de l’espérance se manifeste parfois à travers des cultures de mort et par la violence.
Cependant Dieu aime le monde et nous croyons à la puissance de la résurrection du Seigneur. « Sois sans crainte, je suis le premier et le dernier, je suis le vivant. J’étais mort, mais me voici vivant, pour les siècles des siècles, détenant les clefs de la mort et du séjour des morts » dit le livre de l’Apocalypse (Ap 1, 18) Parfois, il peut sembler que le mal se fait plus puissant que le bien. Toutefois, c’est au cœur de l’épreuve que se révèle la présence de la croix glorieuse. C’est ce qui se passe dans la mort et la résurrection du Christ. La mort a voulu prendre dans ses filets la vie, et la mort a été détruite. Dieu, qui est la vie, est descendu dans la mort. La mort a voulu le saisir et la mort a été vaincue.
Je vous invite à la joie et à l’espérance. « La lumière est venue dans le monde et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée » dit le Prologue de Jean. (Jn 1, 5) Malgré la misère des membres de l’Eglise, l’Eglise porte en elle l’espérance du monde, le Christ Jésus ressuscité.
En ce matin de Pâques, nous sommes invités à devenir les témoins du Christ. Celui qui a vraiment rencontré le Christ ne peut le garder pour lui-même. Il doit l’annoncer. Comment pourrions-nous être vraiment attachés à Jésus Christ et à son Evangile, si nous n’étions pas constamment préoccupés de partager les richesses que nous avons reçues. A quoi bon être chrétien, si notre foi n’a aucun effet sur notre vie, et sur la vie du monde ? On annonce l’Evangile par l’authenticité de notre vie. Notre monde est assoiffé d’authenticité. « Notre monde paradoxalement, malgré de nombreux signes de refus de Dieu, le cherche cependant et en ressent douloureusement le besoin. Il attend des évangélisateurs qui lui parlent du Dieu qu’ils connaissent et fréquentent. » (Paul VI, Evangelii nuntiandi)
Le monde nous attend, dans la cohérence de notre vie, dans notre charité, dans le courage de notre parole. Notre monde blessé et inquiet, cependant en recherche de bonheur, en recherche de raisons d’espérer, nous attend. Soyons les témoins de l’Espérance.

Monseigneur Yves Le Saux
Evêque du Mans


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