Accueil > Notre Evêque > Homélies et prises de parole > HOMELIE DU JOUR DE NOËL (année 2009)

HOMELIE DU JOUR DE NOËL (année 2009)

Au cours de la messe de la nuit, nous avons contemplé la nativité de Jésus. Le texte de l’Evangile nous invitait à nous approcher de la crèche pour voir l’enfant né de Marie, couché dans une mangeoire. Ce matin, le Mystère de la Nativité nous est donné à comprendre d’une autre façon. Il s’agit de répondre à la question « qui est cet enfant ? » Que veut dire : Dieu s’est fait homme ?

L’auteur de l’épître aux Hébreux nous résume en quelques mots qui est le fils né à Noël : « Souvent, par le passé, Dieu a parlé à nos pères par les prophètes ; mais, dans les jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils…reflet resplendissant de la gloire du Père, expression parfaite de son être. » (Hb 1,1-3)

JPEG - 16 ko

Dans le prologue que nous venons d’entendre, Saint Jean nous dit : « Au commencement était le Verbe, (la Parole de Dieu,) et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. Le Verbe était la vraie lumière, et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Le Fils unique de Dieu, c’est lui qui a conduit à la connaître. » (Jn 1)

Quand nous regardons l’enfant Jésus, dépendant de ses parents, fragile, vulnérable, acceptant d’entrer dans les limites du temps et de l’espace, nous voyons Dieu, nous voyons la gloire de Dieu. Cela est aussi vrai quand nous le regardons assumer la souffrance sur la Croix. Quand nous voyons de nos yeux l’enfant de la crèche, nous entendons la Parole de Dieu. Que dit Dieu au monde ? Il dit : « Jésus »

En ce jour de Noël, je vous invite en premier lieu à vous laisser dépasser, toucher, saisir par la beauté et la grandeur du mystère que nous célébrons. Un chrétien est avant tout quelqu’un qui est saisi par cette beauté, même si à bien des égards, cela nous dépasse. Pour exprimer ce qui se passe à Noël, la liturgie a des formules magnifiques que je me permets de vous citer.

« Dans le Mystère du Verbe incarné maintenant nous connaissons en lui Dieu qui s’est rendu visible à nos yeux. »

« Celui qui par nature est invisible se rend visible à nos yeux. »

« Engendré avant le temps, il entre dans le cours du temps »

« Lorsque ton Fils prend la condition humaine, la nature humaine en reçoit une incomparable noblesse. »

« Il devient tellement l’un de nous que nous devenons éternels »

Pourquoi Dieu s’est-il fait homme ? Pourquoi le Verbe s’est-il fait chair ?

Il y a trois raisons que je vous invite à considérer.

  • Le Verbe s’est fait chair pour que nous connaissions ainsi l’amour de Dieu. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. L’amour de Dieu nous est révélé et rendu accessible.
  • Le Verbe s’est fait chair pour être notre modèle de sainteté. Dieu le Père nous invite à écouter Jésus. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé. » (Jn 15, 12) Dieu a aimé humainement, en vivant la vie familiale, en vivant la vie ordinaire, en traversant la souffrance et en aimant à travers tout cela. Nous avons un modèle imitable. Dieu devient imitable. Nous pouvons nous mettre à l’école de son humanité.
  • Le Verbe s’est fait chair pour nous rendre participant de la nature divine. Le Verbe s’est homme pour que l’homme en entrant en communion avec le Verbe et en recevant ainsi la filiation divine devienne fils de Dieu. « Car le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous faire Dieu » dit Saint Athanase.

Approchons-nous du Mystère de Noël en demandant au Seigneur de découvrir de manière nouvelle l’amour de Dieu. Il reste encore en nous parfois la peur de Dieu, comme une méfiance à l’égard de Dieu lui-même. Aujourd’hui, Dieu vient à nous vulnérable comme un enfant. On n’a pas peur d’un enfant. Et pourtant, tout l’amour de Dieu repose sur cet enfant. Nous sommes aimés de Dieu. Il nous rejoint dans nos moindres limites, c’est un amour personnel, un amour miséricordieux, accessible. Que Noël puisse être pour beaucoup une expérience de l’amour de Dieu.

Mettons-nous à l’école de la crèche, à l’école de l’Incarnation. Dieu se faisant homme accepte d’assumer toutes les limites de la vie humaine. Toutes les étapes d’une vie humaine, l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte, la mort. Il accepte d’apprendre, il apprend à travailler. Il vit une vie d’homme, avec ses joies et ses peines. Nous pouvons apprendre de lui à vivre, et peut-être nous réconcilier avec le temps, les limites. Nous pouvons apprendre la joie d’une vie simple et ordinaire.

Par la venue du Fils de Dieu en notre chair, nous sommes rendus participants de la vie divine, que nous avons reçue au baptême et à la confirmation. Laissons la vie de Dieu se déployer en nous. Déjà, vivons de la vie éternelle. Le temps de Noël peut être le moment de nous réapproprier notre baptême et notre confirmation. Laissons-nous transformer par le don de Dieu.

Lorsque nous avons goûté au Mystère de Noël, nous ne pouvons pas garder pour nous cette joie, cette lumière, cette paix promise à tous les hommes. Nous avons un devoir de la transmettre. Notre vocation est de porter la lumière de Noël, lumière qu’est le Christ, au monde. Beaucoup fêtent Noël sans en connaître le sens. Beaucoup aujourd’hui cherchent cette lumière sans la connaître. Ils cherchent Dieu sans le connaître. Aujourd’hui, il nous faut entrer en dialogue avec ceux pour qui la religion est une chose étrangère, pour qui Dieu est inconnu et qui cependant ne voudraient pas rester simplement sans Dieu. Nous pouvons le faire de deux manières : en vivant en présence de Dieu dans notre vie quotidienne, en vivant dans une véritable familiarité avec Jésus, en enlevant de nos vies ce qui est inutile, superficiel, amère et faux, pour vivre de la vie divine aujourd’hui. Mais aussi, en ayant le courage de dire, de parler, de parler de la Parole faite chair. Qui expliquera au monde le vrais sens de Noël si ce n’est pas nous ?

« Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c’est lui qui a conduit à le connaître. » (Jn 1) Vivant de la vie divine, nous aussi nous devons conduire à le faire connaître.

Il était la lumière des hommes. La lumière brille dans les ténèbres. Comme Jean le Baptiste, nous ne sommes pas la lumière. Jésus est la lumière des hommes. Nous avons à rendre témoignage à la lumière.

Yves Le saux
Evêque du Mans


Actualités Notre Evêque Paroisses et doyennés Diocèse Prier et célébrer Eglise et société Contacts
Liens