Accueil > Notre Evêque > Homélies et prises de parole > HOMELIE DU VENDREDI SAINT

HOMELIE DU VENDREDI SAINT

2 AVRIL 2010

En ce vendredi saint, nous sommes invités à accompagner Jésus dans sa passion et sa mort sur la croix, qui donne sa vie pour le Salut du monde. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jn 15, 13)
A la lumière de la liturgie de ce jour, je vous invite à quatre attitudes.

Ecouter : Ecouter le cri de Jésus sur la croix « j’ai soif ».
Cette soif de Jésus, dit St Thomas d’Aquin, a deux sens : « Si Jésus dit j’ai soif, c’est d’abord qu’il meurt de vraie mort. La soif d’un mourant. Par là encore, apparaît son ardent désir du Salut du genre humain. » A la soif physique qui torture Jésus, s’ajoute la soif plus déchirante encore de sauver le monde. Elle rejoint le désir de célébrer la pâque. « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir. » (Lc 22, 15) « Je suis venu allumer un feu sur la terre et comme je voudrais que déjà il fût allumé. » (Lc 12, 49)
L’Eglise a toujours entendu dans cette soif de Jésus sur la croix, le désir ardent que le monde soit sauvé. Je ne sais si nous avons saisi combien Dieu désire ardemment le bien de l’homme, son bonheur et son Salut.
Mère Teresa de Calcutta dira que l’origine de sa congrégation des Sœurs de la Charité est le cri de Jésus sur la Croix, « j’ai soif. » Elle répondra à la soif du Christ en donnant à boire aux pauvres. « J’avais soif, et tu m’as donné à boire » dit Jésus. (Mt 25, 35)
Nous sommes invités à partager la soif, le désir ardent de sauver les hommes. Mais aussi nous-mêmes, entrons dans le même désir du Salut et répondons à la soif du Christ chez ceux qui souffrent.

Regarder : pour vérifier que Jésus est bien mort, un des soldats lui transperce le côté, et de ce côté transpercé jaillit du sang et de l’eau, et Jean d’ajouter : « car cela est arrivé afin que l’Ecriture fût accomplie : « Pas un os ne lui sera brisé. » Et une autre Ecriture dit encore : « ils regarderont celui qu’ils ont transpercé. » (Jn 29, 36)
Regardons celui que nous avons transpercé. Jésus debout dans le Temple criait : « si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Selon le mot de l’Ecriture : de son sein couleront des fleuves d’eau vive. » (Jn 7, 37-38) Du corps du Christ sur la croix jaillit la source de la vie.
Nous infligeons au Christ une blessure par nos fautes, notre orgueil, notre méchanceté, notre péché. De la blessure même que nous lui faisons jaillit pour nous la vie, ce qui fera dire à la tradition de l’Eglise : « Bienheureuse faute qui nous a valu un tel rédempteur. »
Il est dit dans le livre d’Isaïe (Is 55, 1) « Vous qui avez soif, approchez-vous des eaux, même si vous n’avez pas d’argent, venez. » ou dans Zacharie (Za 12, 10) : « Je répandrai sur la maison de David et sur l’habitant de Jérusalem un esprit de grâce et de miséricorde, et ils regarderont vers moi. Celui qu’ils ont transpercé, ils se lamenteront sur lui comme on se lamente sur un fils unique ; ils le pleureront comme on pleure un premier-né. En ce jour-là, il y aura une source ouverte pour la maison de David. » De la même manière, le livre de l’Apocalypse nous dit : « l’Esprit et l’Epouse disent : viens ! Que celui qui entend dise : viens ! Et que l’homme assoiffé s’approche, que l’homme de désir reçoive l’eau de la vie, gratuitement. » (Ap 22, 17)
La Croix est la source de la vie.

Elargir notre cœur aux dimensions du monde : dans quelques instants, nous allons entrer dans une longue prière d’intercession, une prière universelle. Nous allons prier pour tous les peuples, toutes les religions, tous les hommes. L’évènement de la Croix concerne toute l’humanité. La volonté de Dieu est que tout homme soit sauvé, qu’aucun ne se perde. Tous sont aimés et conviés au bonheur.
En regardant la croix, nous sommes invités à présenter à Dieu toute l’humanité, mais aussi à ouvrir notre propre cœur à tous, car Jésus sur la Croix porte sur lui toute la souffrance du monde, tout le poids du péché du monde, tous les drames, les horreurs, les perversions, les guerres, les violences que les hommes ont été capables de produire au cours de l’histoire. A la suite du Christ, nous sommes conviés à entrer dans une véritable compassion pour l’humanité, pour tous nos frères en humanité.

Approchons-nous de lui : nous serons aussi dans quelques instants invités à vénérer la croix. N’ayons pas peur de nous approcher de lui, comme l’aveugle sur le chemin qui laisse derrière lui son manteau pour venir à Jésus, comme la femme malade qui se dit : si je pouvais toucher la frange de son manteau, comme la foule des pauvres, des boiteux, des aveugles qui l’écrasaient de toute part.
Approchons-nous de lui avec amour et foi, déposons en lui les fardeaux de notre vie.
« Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et je vous procurerai le repos. » (Mt 11, 28)
« Et, moi, une fois élevé de terre, j’attirerai tous les hommes. » (Jn 12, 32)

Monseigneur Yves Le Saux
Evêque du Mans


Actualités Notre Evêque Paroisses et doyennés Diocèse Prier et célébrer Eglise et société Contacts
Liens