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Homélie de Mgr Gilson pour la sépulture de Jean de Chasteigner

Mgr Georges Gilson, Archevêque

« Tout triste ». La route est droite. Elle trace un retour. L’espérance est blessée. Les deux disciples se retrouvent seuls. Avec ce mal qui les ronge. Le mal de la mort dans l’âme. “Tout triste”, nous le sommes. Jean est mort. Il est tombé sur ce chemin de sa vie silencieuse et travailleuse. Il a cru et nous croyons encore avec lui. Il nous invite à l’ultime repas eucharistique de toute existence humaine. Un corps livré, un sang versé. Et ce mystère nocturne de la séparation qui de toute apparence, est injuste. Trop tôt ! Pourquoi ne pas le partager avec vous ? Je ne peux pas m’habituer à ce passage pascal. Jean est membre du presbyterium diocésain de ce diocèse très cher. Il est de la famille. Comme il a vécu si proche des siens. De vous, Madame. Votre fils aîné fut très tôt à vos côtés après l’accident mortel de votre époux ; il fut l’enfant du devoir et de la responsabilité familiale. Proche de vous ses frères et sœurs. Bernard, Bruno et les autres... Notre peine est grande. Celle de son Evêque, Mgr Jacques Faivre. Il descendait à l’Evêché chaque fois qu’il revenait de Rome. Il aimait son Pays du Maine. Il y était attaché depuis toujours. Jean est rentré en catastrophe, laissant ses occupations et restant soucieux des dossiers qui étaient ouverts sur son bureau romain. Un grand serviteur vient de nous quitter. Serviteur de l’Évangile à l’intelligence aiguisée et au respect de la vérité des chiffres et des faits. Mais surtout disponible de cœur pour l’amour de son prochain.

Il n’aimerait pas que je fasse son apologie ! Il nous conduit ailleurs, au delà : sur le chemin de Jérusalem à la rencontre de Celui qui illumina tous ses jours : le Seigneur Christ ressuscité d’entre les morts. L’inconnu du chemin a ouvert le dialogue. Les disciples se turent. Il les introduit dans le Mystère des Ecritures. Nul ne sait ce qu’il leur révéla, ils portent le secret de l’intime et de l’ultime. Jean aussi. Pourtant, nous sommes invités à la table de l’Auberge d’Emmanüs : « ils le reconnurent à la fractio panis ». Le partage. Il n’est pas d’autre route. Il faut passer de la mort à la vie en portant la croix de l’apôtre. « Notre cœur n’était-il pas tout brillant, alors qu’il nous parlait sur la route et nous faisait comprendre les Ecritures ». La gloire de Jésus illuminèrent la nuit. Non un coup de projecteur éblouissant et provocateur... mais un faisceau lumineux qui traverse l’esprit et éclaire le tombeau vide. Il est vivant ! Jean nous donne ce témoignage d’une présence silencieuse mais puissante : il est vivant. Pour toujours auprès de Dieu même reconnu en Christ dans la lumière de l’Esprit qui est Amour.

« Ils le reconnurent.... ». Nous reconnaissons aussi la “gloire” de Jean, notre frère dans la Foi. Merci, ami de Dieu, pour l’exemple de la fidélité sans faille et l’engagement sans arrêt... Tu nous manifestes notre vocation à nous, les chrétiens de ce temps : ne pas “empoussiérer” notre esprit et notre cœur, nous lever et construire la piste qui conduit à la Jérusalem où tu nous attends. Il nous faut chanter le magnificat et jouer de la flûte sur la place du monde. Ta vie fut une réussite heureuse. Ta joie si peu démonstrative mais si réelle, tu nous l’offre ce soir. Et tu nous dis : « allez dire à tous les frères... ». Ta passion trop cachée est devenue ta Gloire qui est révélation de Dieu. Paul nous explique les Ecritures : « Si, pas le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi... ». Jean, Merci !

Ecoutez l’homélie de Mgr Georges Gislon


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