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Homélie de Mgr Le Saux en la Fête de l’Immaculée Conception à Notre Dame de Pontmain

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C’est en la basilique Notre Dame de Pontmain, où il était réuni avec les laïcs en mission ecclésiale, que Mgr Le Saux a célébré la fête de l’Immaculée Conception.
« Nous rendons grâce à Dieu pour le don qu’il a fait à Marie d’être préservée du péché. »
Dans son homélie, Mgr Le Saux a invité l’assemblée à rendre grâce, à l’émerveillement, devant la fidélité de Dieu, devant sa bonté, à vivre en la présence de Marie, à se rapprocher d’elle, et comme Marie qui a dit oui, à nous laisser faire par Le Seigneur.

Texte intégral de l’homélie de Mgr Le Saux en la fête de l’Immaculée Conception

Nous célébrons aujourd’hui la fête de l’Immaculée Conception. Nous rendons grâce à Dieu pour le don qu’il a fait à Marie d’être préservée du péché. C’est-à-dire que non seulement elle n’a pas fait de péché personnel, mais dès les premiers instants de son existence, elle n’est en rien marquée par le péché originel. Cela par pur don gracieux, gratuit de Dieu. Elle a reçu sans aucun mérite de sa part la capacité d’être la Mère de Dieu. C’est pour cela que l’ange la salue en la qualifiant de « comblée de grâce »
A la lumière de cette fête, je m’arrête sur trois aspects.

Le premier est une invitation à l’action de grâce, à l’émerveillement si vous préférez, devant la fidélité de Dieu, devant sa bonté. Le récit de la Genèse nous montre Dieu dans le jardin qui recherche l’homme. La scène se situe après la chute, après le péché. Le péché a introduit la peur et la méfiance dans le cœur d’Adam et d’Eve. Ils ont peur de Dieu, ce qui n’était pas le cas avant le péché. Ils se méfient de lui. Ils se sont cachés. Le péché a aussi introduit une cassure entre eux. Le fruit du péché, c’est la méfiance et l’accusation. Adam accuse Eve. Eve accuse le serpent.
Dieu s’étonne de ne pas trouver Adam et Eve car Dieu est innocent. Dieu ne pose pas de suspicion sur l’homme. Dieu se met à la recherche d’Adam et le texte prête à Dieu comme un cri : « Adam, où es-tu ? » (Gn 3, 9) Pourquoi as-tu peur ? Pourquoi te caches-tu ? Ce cri traverse tout l’Ancien Testament. Dieu qui recherche l’homme.
Ce n’est pas en premier lieu l’homme qui cherche Dieu. L’homme est paralysé de peur et de honte. Il accuse. Il a la nostalgie de Dieu, mais il est comme incapable par lui-même de revenir. C’est Dieu qui vient vers nous. On le voit dans la parabole de l’enfant prodigue. Le Père se précipite vers l’enfant. On le voit avec le fils aîné de cette même parabole. Le Père sort de la maison pour venir chercher le fils.
Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu. C’est lui qui nous a aimé le premier. Cette recherche, ce cri aboutit à Jésus. Dieu qui vient à la recherche de l’homme, c’est Jésus.

Mais cet aboutissement de la recherche de Dieu n’est rendu possible que par la vocation unique d’une jeune fille, Marie. L’amour de Dieu va pouvoir se déployer à cause du oui de Marie. Elle a tout reçu de Dieu, mais il faut l’adhésion de sa liberté au don de Dieu. Elle va donner sa confiance, ce que n’avait pas fait Eve, qui tentée par le serpent, va entrer dans la méfiance.
Je vous invite à regarder la beauté de Marie. Son humilité la rend capable d’accueillir sans réserve le don de Dieu, elle accepte la gratuité. L’humilité n’est pas de se sentir médiocre ou de se croire inférieur aux autres. L’humilité, c’est se laisser aimer, se réjouir du don de Dieu. Il a penché son regard sur son humble servante.
Sa pureté : il n’y a en elle aucun retournement sur elle-même.
Sa joie : elle exulte de joie.
Sa douceur. Elle est magnifique.
Je vous invite à vivre en sa présence, à vous rapprocher d’elle. Sa proximité vous guérira de l’impureté, sa joie de la tristesse, sa foi et sa confiance de votre doute et de votre méfiance. La méfiance est sans doute la blessure la plus profonde de notre cœur. Nous nous méfions des autres, mais aussi de Dieu, ce qui nous conduit à une solitude profonde. Que la présence de Marie auprès de nous nous conduise à la confiance absolue en Dieu.
Parfois, nous avons été trahis, jugés injustement, parfois nous avons nous-mêmes trahi, accusé. Et nous sommes blessés sur la confiance. Marie est celle qui a comme renoué la confiance en se livrant au don de Dieu. Laissons-la nous conduire sur ce chemin.

Je voudrais m’arrêter sur le oui de Marie. Marie a reçu une grâce, l’Immaculée Conception, qui la rend capable de devenir Mère de Dieu. Ce don est totalement gratuit. Cependant, il était nécessaire qu’elle accueille et dise oui à cette grâce. Marie est totalement libre : « qu’il me soit fait selon ta parole. » (Lc 1, 38)
Nous aussi, nous sommes invités à dire oui, à prendre une décision, à dire oui à l’appel de Dieu. Tout d’abord, oui à notre baptême. Mais aussi, à telle conversion, à telle étape à laquelle Dieu nous invite. On a telle ou telle vocation. Dieu accorde sa grâce, mais il y a un oui à dire.
Souvent, beaucoup de chrétiens n’ont pas décidé. On se laisse porter par les évènements, les ambiances. Cependant, un jour, le Seigneur s’adresse à nous et nous avons une réponse à faire.
Je pense à la lettre à Philémon, où Paul lui dit : « je veux que tu fasses le bien librement. » (v.6)
Je pense au jeune homme riche de l’évangile animé d’un si grand désir, qui voit le regard aimant de Jésus sur lui. Au moment où il faut dire oui, se détacher, il ne décide rien, et part dans la tristesse. (Mc 10, 17-22)
Souvent nous disons : « Je n’arriverai jamais à faire ce à quoi le Seigneur m’appelle. C’est impossible. Je suis trop faible, j’ai peur de ce que les autres vont penser. » C’est vrai que ce que demande le Seigneur est impossible, impossible pour nous. Dieu ne nous demande pas de réussir, mais de dire oui.
Revenons au oui de Marie. Ce que l’ange lui annonce est impossible. L’ange lui répond : « l’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. » (Lc 1, 35) Marie ne dit pas : « oui, je vais le faire », mais elle dit : « oui, fais-le. »
Oui, je veux bien me laisser faire par toi. Alors tout est possible.

Monseigneur Yves Le Saux
Evêque du Mans

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