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Homélie de Mgr Le Saux pour la messe d’action de grâce pour le départ de M. Briard, directeur diocésain de l’enseignement catholique

Homélie messe d’action de grâce pour le départ de M. BRIARD

2 juillet 2011- ND de la Couture


En mon nom personnel et au nom de tout le diocèse, je voudrai remercier Monsieur Briard pour les 21 années au service de l’Enseignement Catholique du diocèse, et donc au service de la mission de l’Eglise dans la Sarthe. Personnellement, j’ai apprécié les deux années de collaboration, importantes pour moi qui découvre les réalités de l’Enseignement Catholique dans la Sarthe. Bien sûr, ces deux années ne sont rien en comparaison aux années de collaboration que vous avez eu avec mes prédécesseurs, Mgr Faivre, et Mgr Gilson, qui nous fait l’honneur de sa présence parmi nous aujourd’hui.
Cette célébration est aussi l’occasion de rendre grâce à Dieu pour la fécondité du travail accompli et de remettre en Dieu ce qui aurait été plus difficile. C’est aussi pour moi l’occasion de redire l’attachement du diocèse à l’Enseignement Catholique. Plus encore, je me permettrais de rappeler quelques convictions fondamentales que vous vivez et essayez de vivre déjà.
Dès mon arrivée dans le diocèse et mes premières rencontres avec les directeurs et directrices, j’ai émis le désir de visiter toutes les écoles du diocèse. Je n’ai pas encore eu le temps d’aller partout, mais cela viendra. Une personne m’a demandé pour quelle raison l’évêque venait ainsi dans les écoles, avec un certain doute sur la légitimité de cette visite. Ne vous inquiétez pas, une seule personne m’a fait cette remarque. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit du service diocésain de l’Enseignement Catholique. Diocésain signifie diocèse. Diocèse signifie évêque. Pas seulement lui, mais tout de même. Evêque signifie annonce de l’Evangile.
Récemment, j’ai relu les statuts de l’Enseignement Catholique. Je me permets d’en relire quelques passages, en particulier le préambule.
Les établissements catholiques sont des institutions chrétiennes qui participent à un service d’intérêt national. Sous un certain aspect, l’école catholique est une structure civile avec des buts et des méthodes semblables à n’importe quelle institution scolaire. Sous un autre aspect, elle se présente comme une communauté chrétienne ayant pour base un projet éducatif enraciné dans le Christ et son Evangile.
Dans l’Enseignement Catholique, on ne peut pas renoncer à la liberté de proposer le message et d’exposer les valeurs de l’éducation chrétienne. Il devrait être clair pour tous qu’exposer et proposer n’équivaut pas à imposer. L’erreur serait de ne plus rien proposer parce que nous ne voulons pas imposer. Il est clair que l’école catholique doit être ouverte à tous sans distinction d’origine, de moyen. Mais, il est aussi clair que nous avons un projet éducatif que tire son origine dans l’Evangile.
Le projet éducatif doit être de transmettre une vision de la personne et de la société, puisée aux sources du mystère pascal du Christ. Il doit donner à chacun une dignité, une grandeur au-dessus de tout. Cela veut dire que le caractère propre de l’Enseignement Catholique ne peut se réduire à des propositions pastorales qui ne seraient que des activités complémentaires, parallèles ou parascolaires. L’ensemble de la tâche d’éducation est ouverte à la formation intégrale de l’homme et cela à la lumière de la révélation chrétienne. (Ce qui suppose que tous les intervenants aient une connaissance minimale et objective de ce que disent l’évangile et l’enseignement de l’Eglise.)
Cela nous conduit parfois à ne pas pouvoir accepter certaines approches qui seraient absolument contraires à la vision chrétienne de l’homme. Je pense aux difficultés rencontrées autour de la théorie du « gender ». Ce n’est sans doute pas la seule question. Au minimum, nous sommes tenus de dire qu’il y a une autre vision de la personne humaine, quelques soient nos opinions personnelles. Nous sommes tenus de le faire au nom du caractère propre de l’Enseignement Catholique et de notre participation à ce projet de transmettre la vision chrétienne de l’homme.
Bien sûr, le caractère propre de l’Enseignement Catholique ne se réduit pas à la seule proposition d’activités pastorales. Cependant, ces propositions sont absolument nécessaires et je souhaite qu’il y ait dans tous les établissements une proposition claire, construite, avec les implications financières que cela peut engendrer. C’est déjà ce qui se vit, mais il est toujours bon de le rappeler.
Permettez-moi de partager un autre souci. L’Enseignement Catholique est une composante des services du diocèse dans sa mission. Elle est en lien habituel avec eux. Je pense aux services de la pastorale des jeunes, de la catéchèse…mais aussi aux paroisses. Je pense à la démarche « quo vadis ». Pourquoi pas des équipes « quo vadis » dans les écoles ?
Ces synergies existent déjà. Il y aurait beaucoup d’autres points à soulever. Tout ce que j’ai évoqué est déjà en œuvre. A ce propos, je remercie encore Monsieur Briard pour le travail accompli.
Nous célébrons aujourd’hui la fête du Cœur Immaculé de Marie. Nous avons entendu les lectures, en particulier l’évangile de Saint Luc. Je voudrais relever deux dimensions à partir de ce passage.
Le jeune Jésus échappe à la vigilance de ses parents. Au bout de trois jours, on le retrouve dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi. Cet évènement n’est pas compris par Marie et Joseph, en particulier l’explication qu’en donne Jésus. Ne savez-vous pas que je dois être chez mon Père ? Jésus n’appartient pas à ses parents. Jésus dépasse infiniment ce que Marie et Joseph en comprennent. Cela est vrai de tout être humain. Les jeunes qui nous sont confiés avec leurs qualités, leurs drames, la cassure aussi, sont plus que ce que nous en percevons. Il y a plus grand, plus profond en eux que ce que nos systèmes en comprennent. Nous devons être aussi au service de ce plus, au service de la dimension transcendante qu’il y a en eux, même si nous n’avons pas prise sur elle. Et nous n’avons pas à avoir prise. L’homme est fait pour la vérité, la beauté, l’éternité.
D’autre part, il est dit de Marie qu’elle gardait dans son cœur tous ces évènements. Garder en son cœur : cela touche au moins deux aspects, celui de l’intériorité et celui de la mémoire.
Comment apprendre l’intériorité, contraire de la superficialité, à ceux qui nous sont confiés ? Quelque chose de l’avenir, du bonheur se joue dans le cœur de l’homme. Comment nos écoles permettent aux jeunes d’entrer dans leur cœur ?
Nous vivons dans un monde dispersé, dispersant. Une idée en chasse une autre. On oublie tout, on oublie ce que l’on nous a dit, on oublie la parole que l’on a donnée. Garder la mémoire suppose aussi la durée. On ne construit et on ne se construit que dans la durée.
Que le cœur silencieux, pur de Marie, qui garde les choses soit notre modèle, et notre école.
Merci encore

Mgr Yves Le Saux
Evêque du Mans


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