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L’accueil et l’écoute des personnes divorcées et divorcées remariées

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Crédit Corinne Mercier/Bayard Service Edition

Depuis quelques mois a été mise en place, au sein du service diocésain de la pastorale familiale, une équipe spécialement chargée de réfléchir à des propositions en faveur des personnes marquées par l’épreuve du divorce et les difficultés conjugales. Plusieurs rencontres ont déjà eu lieu, ce qui permet dès à présent de faire le point et de soulever quelques pistes.
Le service fraternel de l’écoute
Les couples qui font le choix du mariage et qui s’y préparent avec soin désirent, dans leur immense majorité, s’engager pour la vie avec confiance et sincérité. Parmi eux, un certain nombre veulent se marier à l’église et découvrent à cette occasion le sens du mariage chrétien et la portée du sacrement qui va les unir l’un à l’autre. Le cheminement qui se déroule entre la décision de se marier et le jour de la célébration est donc vécu, le plus souvent, avec sérieux et lucidité. Lorsque surviennent les difficultés conjugales, la blessure est profonde et les repères qui ont été patiemment construits semblent disparaître.
Après le choc de la rupture vient le temps de relire son histoire mais aussi de se reconstruire. Durant cette période de trouble et de fragilité, il est essentiel que les personnes divorcées trouvent sur leur chemin des frères et des sœurs qui soient disponibles et qui acceptent de les écouter avec bienveillance, inscrivant dans leur cœur la parole du Christ : « Je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver » (Jn 12, 47).
Dépasser les blessures et les révoltes
Cette écoute requiert beaucoup de prévenance et de clarté. Seule la vérité permet, en effet, d’accompagner les personnes et de tracer un chemin nouveau. À ce titre, il convient en particulier de considérer avec justesse les différentes situations : les difficultés conjugales, le divorce, le remariage civil… À chacune de ces étapes correspond une écoute appropriée. Il importe également de laisser exprimer les blessures, parfois anciennes et profondes, ainsi que les révoltes multiples : contre soi, contre l’ancien conjoint, contre certains regards ou des paroles blessantes, contre l’Église…
Mais il n’est évidemment pas question d’en rester aux frustrations ni au ressentiment. Dieu réserve à chacun de ses enfants un chemin de bonheur et de résurrection. C’est dans le cadre de ce dialogue fraternel qu’il est possible d’envisager comment chaque personne est invitée à trouver sa place dans la vie ecclésiale.
« Nul n’est trop loin pour Dieu »
« Point de blessure que sa main ne guérisse, rien n’est perdu pour Dieu  » : cet acte résolu de confiance, auquel nous invite une hymne du temps de Carême, s’adresse à chacun d’entre nous. Il n’existe aucune situation, aucun obstacle, aucune menace qui puisse nous séparer totalement de Dieu tant sa miséricorde est infinie et son pardon sans mesure. Notre propre chemin humain vers la réconciliation demande toujours plus de temps mais il est la condition du bonheur et de la liberté. Les personnes qui connaissent l’épreuve du divorce n’échappent pas à cette exigence qui peut s’accompagner d’un certain malaise au sein de la communauté chrétienne, de surcroît lorsque survient l’impossibilité de prendre part à la communion eucharistique.
Nous devons alors souligner que d’autres sources d’union au Christ existent et doivent être mises en valeur. Chacun, en effet, est invité à vivre de la Parole de Dieu, à aimer son prochain, à se tourner vers Dieu par la prière. La beauté d’une communauté chrétienne réside dans sa capacité à accueillir toute personne avec son histoire, ses blessures mais aussi ses attentes et ses charismes. C’est ainsi que se contruit le corps du Christ qui est l’Église.
Père Benoît PIERRE


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