L’ordination

L’ordination

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"Par le Baptême, tous les fidèles participent à la mission du Christ, Prêtre, Prophète et Roi. Dans cette communion et cette mission du baptisé il existe une autre participation à la mission du Christ : servir au nom et en la personne du Christ Tête au milieu de la communauté. Ce service comporte trois missions essentielles : l’enseignement, la sanctification et le gouvernement du Peuple de Dieu.
Le ministère ordonné comprend : les évêques, les prêtres et les diacres. Ce sont les évêques qui célèbrent les ordinations dans les trois degrés du sacrement de l’Ordre.
L’évêque reçoit la plénitude du sacrement de l’Ordre. II entre ainsi dans le Collège épiscopal et il devient le chef visible de l’Église particulière qui lui est confiée, le diocèse. Les prêtres sont les coopérateurs de l’évêque et reçoivent de lui la charge d’une communauté paroissiale ou d’une fonction déterminée. Les diacres, ordonnés pour le service de l’Église, sont appelés à exercer des fonctions dans le ministère de la Parole et de l’Eucharistie, et le service de la charité.

Qu’est ce que le sacrement de l’ordre ?

_ Le mot Ordre est étranger au Nouveau Testament. Il désignait dans le Rome antique chacun des trois corps sociaux parmi lesquels se répartissaient tous les citoyens : les sénateurs, les chevaliers et le peuple. Dans l’Eglise, il distingua, dès le second siècle, le clergé du peuple.


Les détenteurs du ministère apostolique, évêques, prêtres et diacres, constituent donc, avec les ministères inférieurs, l’ordre du clergé, tandis que les autres baptisés constituent l’ordre des laïcs ou le peuple. A l’intérieur du clergé, on distingue l’ordre des évêques, l’ordre des prêtres et celui des diacres. Chacun est promu à son ordre respectif par l’ordination, que confère l’imposition des mains de l’évêque. C’est là le sacrement du ministère apostolique.


Dans le ministère apostolique, certaines fonctions majeures relèvent à un titre spécial du sacerdoce du Christ, telle la charge pastorale à la tête de chaque communauté de croyants, la garde de l’intégrité de la foi dans l’annonce du Message de salut, la présidence de toutes les assemblées où l’on célèbre les sacrements, en particulier celles où est conféré le don de l’Esprit et où le pain et le vin sont changé au corps et au sang du Seigneur, ainsi que l’usage du pouvoir de remettre les péchés.
Mais tout le peuple de Dieu n’est-il pas un peuple sacerdotal (1 Pierre 2,5.9) ? Il convient donc d’éclairer la distinction et la relation qui existe entre le sacerdoce baptismal des fidèles et le sacerdoce ministériel des évêques et des prêtres. L’un et l’autre participent au sacerdoce du Prêtre unique, le Seigneur Jésus-Christ.
Le Prêtre unique
La Lettre aux Hébreux expose longuement comment le Christ, Fils de Dieu et frère des hommes, est le Grand Prêtre de la Nouvelle Alliance. Prêtre non par appartenance à la famille d’Aaron, mais par appel de Dieu, consacré par son incarnation, il a offert sur la croix le sacrifice de réconciliation en s’immolant lui-même. Son sacrifice, offert dans l’Esprit et agréé par le Père, lui a donné accès au Saint des Saints dans le ciel et a fait de lui le Médiateur entre Dieu et les hommes : Par une unique offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui reçoivent la sanctification (Hébr 10,14).

La réflexion chrétienne ultérieure devait élargir la notion purement sacrificielle du sacerdoce du Christ. S’il est sacrificateur, il est aussi prophète et pasteur ou roi de son peuple. C’est là le triple aspect de son sacerdoce.
Le peuple sacerdotal
Saint Pierre applique au peuple baptisé la parole que le Seigneur avait dit au peuple d’Israël : Je vous tiendrai pour un royaume de prêtres et une nation consacrée (Ex 19,6). Il invite les chrétiens à devenir un sacerdoce saint, en vue d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par le Christ (I Pierre 2,5,9). Pour Paul, les membres du corps du Christ participent au sacerdoce de leur chef. Aussi peut-il dire : Je vous exhorte, frères, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre (Rom12,1). C’est donc la communauté des croyants en tant que telle qui est sacerdotale. Chacun de ses membres doit faire de sa vie une offrande, un sacrifice à Dieu. Les fidèles exercent leur sacerdoce en participant à la liturgie, spécialement en offrant le sacrifice eucharistique, mais aussi dans toutes leurs activités familiales et sociales. C’est là qu’ils porteront témoignage au Christ et rendront raison de l’espérance qui est en eux (Vatican II, Lumen Gentium 10).
Le sacerdoce ministériel
Le sacerdoce des évêques et des prêtres diffère essentiellement de celui des fidèles, bien que « l’un et l’autre, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ ». Sacerdoce plénier des évêques, sacerdoce de collaborateurs des évêques pour les prêtres, il confère à chacun de ses détenteurs « un pouvoir sacré pour former et conduire le peuple sacerdotal, pour faire, dans le rôle du Christ, le sacrifice eucharistique et l’offrir à Dieu au nom du peuple tout entier » (Vatican II ibid.).
Les allocutions qui ouvrent la liturgie de l’ordination de l’évêque et des prêtres mettent en lumière leurs charges respectives :
Par le ministère de l’évêque, c’est le Christ qui continue d’annoncer la Bonne Nouvelle et de dispenser aux croyants les sacrements de la foi ; par la paternité spirituelle de l’évêque, c’est lui qui agrège à son propre corps de nouveaux membres ; par la sagesse et la prudence de l’évêque, c’est lui qui guide (le peuple de Dieu), dans son pèlerinage terrestre, jusqu’au bonheur du ciel.
Les prêtres sont institués pour être collaborateurs des évêques, associés à eux dans la fonction sacerdotale au service du peuple de Dieu. Configuré au Christ, Prêtre souverain et éternel, le prêtre est consacré pour annoncer l’évangile, pour être le pasteur du peuple de Dieu et pour célébrer la liturgie, surtout en offrant le sacrifice du Seigneur.
Le ministère diaconal
Le diacre ne participe pas au sacerdoce ministériel, il est établi pour le service de l’évêque et de tout le peuple de Dieu.
Le diacre a pour mission d’aider l’évêque et ses prêtres dans le service de la parole, de l’autel et de la charité, en se montrant le serviteur de tous.
La prière d’ordination du diacre détaille ensuite ses diverses fonctions. On y voit entre autres que le service de la parole confié au diacre déborde le domaine de la célébration liturgique. L’évêque peut l’envoyer « porter la parole de Dieu aux incroyants et aux croyants »
Dans l’ordination, le Saint-Esprit est conféré à l’évêque, aux prêtres et aux diacres par l’imposition des mains, mais d’une manière particulière pour chaque ordre. Tous les évêques présents imposent les mains à celui qui entre dans le collège des successeurs des apôtres. L’évêque et les membres du presbyterium imposent les mains à celui qui devient prêtre. Dans l’ordination des diacres, seul l’évêque leur impose les mains. Le sacrement marque d’une empreinte, que nul ne peut faire disparaître, l’évêque et le prêtre, configurés au Christ prêtre, ainsi que le diacre, configuré au Christ serviteur.
La célébration des sacrements, Présentation de Pierre Jounel, éditions Desclée-Mame 2006
Source : Site de la Conférence des évêques de France


Le sacrement de l’ordre


Le 24 juin prochain, à la cathédrale, Hubert de Richemont et Timothée Lambert vont
être respectivement ordonnés prêtre et diacre par Mgr Yves Le Saux.
Retenons quelques clefs de lecture de cette célébration. Par delà les rites liturgiques
propres, c’est l’Église tout entière qui se donne à voir et se manifeste.


La fête
du Peuple de Dieu

Il me semble que la première
chose qui nous frappe lors des
ordinations, c’est la présence
joyeuse du Peuple de Dieu. Tous,
quel que soit leur état de vie,
sont représentés dans l’église-mère
du diocèse qu’est notre cathédrale.
Très heureusement, ça
n’est pas simplement la famille
des ordinands qui se presse, mais
les membres des diverses communautés
chrétiennes, les religieux,
les prêtres et les diacres.
L’évêque préside cette assemblée.
Pour le service évangélique
et l’affermissement de la foi de
tous, il va choisir des hommes
marqués du sceau du baptême
et les ordonner ; l’un, afin qu’il
collabore à son ministère sacerdotal
et l’autre, en vue du service
de la diaconie de l’Église. Même
si l’évêque est le seul à pouvoir
conférer ce sacrement, c’est bien
tout un peuple qui a suscité, accompagné
et porté les deux ordinands.
La litanie des saints et
l’invocation à l’Esprit saint manifesteront
l’implication et la supplication
de tous.
Le sacrement de l’Ordre
ou l’objectivité de l’Église

Autant les six autres sacrements de
l’Église disent clairement la réalité
qu’ils manifestent par le nom qui leur
est attribué, autant le terme “sacrement
de l’Ordre” est plus complexe.
De quel ‘ordre’ s’agit-il ? Une des interprétations
possibles peut être la
suivante : dans les sacrements que les
personnes ordonnées célèbrent, il y a
une objectivité de la parole prononcée
et du geste accompli. Ainsi, par
exemple, quand le prêtre pardonne
les péchés lors du sacrement de la
réconciliation, la personne est objectivement
pardonnée ; il n’y a pas de
doute, Dieu s’est personnellement engagé
dans la parole de son ministre.
Il en est de même dans le baptême
ou tous les autres sacrements. Cela
ne veut pas dire que les sacrements
sont le seul moyen de salut de Dieu,
mais en tout cas, eux le sont de manière
objective : l’ordre est donné et
accompli. La constitution sur la liturgie
du concile Vatican II le dira dans
des termes limpides : “Le Christ est là
présent dans le sacrifice de la messe
et dans la personne du ministre […]
Il est là présent au point que, quand
quelqu’un baptise, c’est le Christ luimême
qui baptise.
” (SC n°7).
L’imposition des mains
S’il y a bien un geste qui existe depuis
les Apôtres et qui n’a jamais
connu d’interruption dans l’histoire
sacramentelle, c’est celui de l’imposition
des mains. Il manifeste
toujours l’intervention de l’Esprit
saint. Hubert de Richemont recevra
l’imposition des mains de l’évêque
et de tous les prêtres présents, devenant
ainsi membre du presbyterium
de notre diocèse. Sur Timothée
Lambert ce geste accompli
par l’évêque, seul, le configurera au
Christ-Serviteur. Une prière consécratoire
distincte suit ce geste. Sur
le plan théologique, elle est un
condensé de ce que l’Église proclame
par les ministères ordonnés.
Un unique diaconat
Au cours de la célébration du 24 juin,
Timothée sera ordonné diacre en vue
de recevoir plus tard le presbytérat.
Mais il s’agit bien de l’unique et
même diaconat que celui de Dominique
Pierre a reçu en mai dernier ainsi
que tous les autres diacres permanents.
La sagesse de l’Église impose
qu’un prêtre, et à fortiori un évêque,
demeure diacre toute sa vie. Comme
si l’Église, maîtresse en humanité,
voulait rappeler au ‘cœur compliqué
et malade de tout homme’(Jr 17, 9)
qu’il n’y a pas de chemins de bonheur
et de sanctification qui ne puissent
passer par ceux que le Maître a empruntés,
de l’humble crèche de Bethléem
à la vie familiale de Nazareth,
du lavement des pieds à la croix.
Père P.-A. Drouin, Pastorale
liturgique et sacramentelle

Article Eglise en Sarthe, n° 72 de juin 2012


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