La Vigile Pascale

La Vigile Pascale, célébrée dans la nuit du samedi 30 mars tient une place particulière. La célébration est « une veille en l’honneur du Seigneur » durant laquelle les catholiques célèbrent Pâques, passage des ténèbres à la lumière, victoire du Christ sur la mort. C’est pourquoi, dans la nuit, le feu et le cierge de Pâques sont allumés, puis la flamme est transmise aux fidèles.

C’est aussi durant cette veillée ou Vigile pascale que sont célébrés les baptêmes d’adultes. Cette année 32 adultes-catéchumènes seront baptisés cette nuit dans la Sarthe : 23 femmes et 9 hommes de 18 à 81 ans, d’origines diverses et appartenant à différentes paroisses. Comme eux 4 939 jeunes et adultes recevront 2 des sacrements de l’initiation Chrétienne (Baptême, Eucharistie).en France métropolitaine et dans les départements et collectivités d’Outre-Mer.
Leurs chemins sont tous uniques en leur histoire, quelques fois semés d’embûches, mais tous ont fait l’expérience d’une rencontre qui allait les mener jusqu’à cette démarche de baptême. Par une parole échangée avec un chrétien, un service rendu (participation à une crèche de Noël…), à l’occasion d’un événement familial heureux ou malheureux, tous ont entendu un appel à découvrir le Christ. « La foi c’est comme si j’avais toujours aimé Dieu sans savoir qui il était et que j’avais toujours été aimé en retour sans m’en rendre compte » témoigne l’un d’eux
Le temps de préparation au baptême, appelé catéchuménat, leur a permis d’approfondir cet appel et ses exigences. C’est pour eux un véritable chemin de conversion mais aussi de joie et d’émerveillement.

HOMÉLIE DE MGR LE SAUX POUR LA VIGILE PASCALE

Samedi saint, 30 mars 2013


« Le Christ est ressuscité des morts. Il est vraiment ressuscité. »
Au cours de cette nuit de Pâques, nous avons parcouru toute l’histoire de Dieu avec l’humanité, depuis la création du monde jusqu’au moment culminant du Salut, la mort et la résurrection du Christ, évènement où l’histoire de l’humanité bascule dans l’espérance. Je pense à ce passage de l’Ecclésiaste qui dit : « Ce qui fut, cela sera. Ce qui s’est fait se refera. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Y a-t-il quelque chose dont on dise : tiens voilà du nouveau ? » (Qo 1, 9) Dans ces propos, il y a quelque chose de déprimant. Mais l’Ecclésiaste se trompe. Il y a deux moments dont on peut dire que cela n’existait pas et que cela existe, ou qu’il se produit quelque chose de nouveau. Nouveauté absolue. Le premier, c’est la création : « au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. » (Gn 1, 1)La seconde, c’est la résurrection. Nouveauté prodigieuse, inattendue. Il y avait la mort, qui a été tuée par la vie par celui qui avait dit : « je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 25)
Que s’est –il passé dans la résurrection du Christ ? « La résurrection fut comme une explosion de lumière, une explosion de l’amour qui a délié le lien jusqu’alors indissoluble de la mort. Elle a inauguré une nouvelle dimension de l’être, de la vie dans laquelle la matière a aussi été intégrée, d’une manière transformée et à travers laquelle surgit un monde nouveau. » (Benoît XVI, homélie du Samedi Saint, 15 avril 2006)
Être chrétien, vous le savez, n’est pas lié à une décision éthique ou une grande idée, ou une grande générosité. Mais c’est la rencontre avec un évènement, avec une personne, qui donne à la vie un nouvel horizon. Cet évènement est celui de la Pâques, la mort et la résurrection. Cette personne, c’est Jésus ressuscité. Ce soir, nous ne faisons pas seulement mémoire d’un évènement passé. Proclamer que Jésus est ressuscité, c’est affirmer qu’il est vivant au milieu de nous aujourd’hui, maintenant, et donc que nous pouvons faire l’expérience de la rencontre avec lui.
Par le baptême, nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ. Nous avons reçu la vie nouvelle. Nous sommes nés de nouveau. Il s’est réalisé en nous ce à quoi Jésus invitait le vieux Nicodème, c’est-à-dire à naître de nouveau. « Nul ne peut voir le Royaume de Dieu à moins de naître de nouveau. » (Jn 3, 3) Le baptême n’est pas un acte de socialisation ecclésiale. Il n’est pas seulement une sorte de purification et d’embellissement symbolique de l’âme. Il est renaissance, transformation en une vie nouvelle. Pour ceux d’entre nous qui avons déjà été baptisés, nous avons été traversés par cette explosion de lumière et d’amour, pour reprendre l’expression de Benoît XVI.
C’est cela que vont vivre nos deux nouveaux frères et sœurs qui, dans quelques temps, vont être baptisés. Ils vont être plongés dans la mort et la résurrection du Seigneur pour naître à la vie nouvelle dans le Christ.
Il y a deux mouvements. Il s’agit de mourir à la vie du péché. Devenir chrétien, c’est une véritable rupture avec la vie passée pour vivre de la vie nouvelle de fils et fille de Dieu. C’est pour cela, qu’avant que nos frères et sœurs ne reçoivent le baptême et que nous-mêmes nous renouvelions les promesses de notre baptême, nous sommes invités à choisir la vie nouvelle et à rejeter ce qui lui est contraire. Etre chrétien suppose une rupture pour accueillir la vie nouvelle.
En cette nuit, nous sommes tous conviés à choisir de manière nouvelle la vie dans le Christ, pour que comme dit Saint Paul, « Frères, nous tous qui avons été baptisés dans le Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si par le baptême dans sa mort nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle. » (Ro 6, 3-4) Ce soir, ensemble, choisissons à nouveau cette vie nouvelle. Laissons la se déployer en nous jusqu’au jour où nous serons dans la pleine lumière devant lui.
Conséquences de tout cela :
Être chrétien, c’est naître de nouveau. D’une certaine manière, c’est redevenir comme des enfants. Ce n’est pas pour rien que Jésus a tant insisté sur le fait que si nous n’accueillons pas le Royaume de Dieu comme le font les enfants, on ne peut pas y entrer. Le propre des enfants, c’est la confiance et une forme de simplicité du cœur, une manière de regarder le monde avec bienveillance, tendresse et émerveillement. Il ne s’agit pas d’être naïf et sans intelligence. Il s’agit de se libérer de la méfiance, de guérir d’une certaine complexité qui nous emprisonne et fausse notre regard, et nous rend triste. Que la vie nouvelle dans le Christ nous rende capable de bonté et de tendresse, d’émerveillement.
La vie éternelle n’est pas seulement une promesse pour après la mort. Notre vie n’est pas une espèce de salle d’attente avant d’entrer dans la vraie vie. Nous pouvons vivre de cette vie nouvelle dès maintenant. « Vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut et non pas celles de la terre. » (Col 3, 1) « Dans le mystère de sa résurrection, chacun de nous est déjà ressuscité » (Préface de Pâques, II)
Cela touche à l’espérance. Dans un monde tenté par le désespoir domine chez beaucoup un sentiment d’angoisse face à l’avenir. Un monde sans Dieu est un monde sans espérance. Nous sommes porteurs de l’espérance pour le monde. Je reprends ici l’invitation de notre nouveau Pape : « Ne cédons jamais au pessimisme, à une sorte d’amertume que le Diable propose chaque jour, ne cédons pas au découragement » (Pape François, audience aux cardinaux, 15 mars 2013) Ou lors de la messe des Rameaux, « S’il vous plaît, ne vous laissez pas voler l’espérance ! Ne vous laissez pas voler l’espérance ! Celle que Jésus nous donne. » (Homélie du 24 mars 2013)
Au-delà de toutes les difficultés, la victoire du Christ est déjà advenue, elle est définitive. Il en découle que nous pouvons nous placer face au drame humain dans une attitude de confiance fondamentale qui vient de la foi en la résurrection du Christ Jésus, présent et agissant dans l’histoire.
Avant de célébrer le baptême, nous allons invoquer les saints du ciel. Bien sûr pour demander leur intercession pour les nouveaux baptisés. Mais aussi parce qu’on ne peut être chrétien seul, parce que la vie nouvelle dans le Christ nous fait frères et sœurs, les uns des autres, nous fait entrer dans l’Eglise, dans la communion des saints. Communion parce que nous professons la même foi, nous participons à la même eucharistie, parce que le Christ ressuscité nous introduit dans la vie de Dieu qui est Trinité, communion de personnes. La communion des saints, c’est aussi celle de la charité, celle de l’affection fraternelle. Elle nous conduit à prendre soin les uns des autres, dans l’estime réciproque, la miséricorde et l’humilité.
Que nous soit accordé en cette nuit de Pâques un cœur d’enfant. Que nous soit accordées l’espérance et la joie. Que nous soit accordée la communion fraternelle. Pour qu’au milieu du monde, nous vivions de cette vie nouvelle. Que face à l’orgueil, nous répondions par la simplicité de Dieu. Que face au désespoir, nous répondions par l’espérance. Que face à la violence et la division, nous répondions par la communion fraternelle. Ainsi, nous serons témoin de la vie nouvelle. Les chrétiens sont d’autres Christ.
L’amour est plus fort que la mort. N’ayons pas peur d’être chrétien.

Mgr Yves Le Saux
Evêque du Mans

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