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La joie du temps ordinaire

Trente-quatre semaines du cycle liturgique s’inscrivent dans le temps
ordinaire ou, si l’on traduit littéralement le terme officiel, le temps au long
de l’année. C’est par cet article que notre revue diocésaine Église en Sarthe de juillet et août a
conclu sa chronique mensuelle sur les temps et les fêtes liturgiques.

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Le temps ordinaire, le temps de la croissance spirituelle offert chaque dimanche !

Pour certains d’entre
nous, c’est avec un
léger pincement au
cœur que nous quittons
les cinquante jours de festivités
du temps pascal ; moment privilégié
où il nous est donné de vivre les apparitions
du Ressuscité au bord du
lac et de méditer les premiers pas
du christianisme au fi l des Actes des
Apôtres. Nous sommes un peu dans
la situation de Pierre sur la montagne
de la Transfiguration : “Si nous
pouvions rester un peu ici
…” Mais
le Seigneur nous engage à redescendre
dans la vallée : la vie quotidienne
et la mission nous attendent.
La vie est là pour nous le rappeler
 : la fête ne peut pas durer éternellement.
Peut-être même que
c’est dans l’ordinaire de la vie que
se construisent les plus grandes
choses, quand l’effervescence retombe
et que la sagesse du temps
attire nos regards vers l’essentiel.


La joie ordinaire
Dans son exhortation apostolique
Verbum domini, Benoît XVI a cette
formule : “On peut organiser des
fêtes, mais on ne peut pas organiser
la joie
” (DV n° 123). Il serait en effet
illusoire de croire que d’aller de fête
en fête peut combler le cœur d’un
homme. N’est-ce pas d’ailleurs une
des limites de notre société de vouloir
toujours transfigurer le quotidien
en événement exceptionnel, en buzz
médiatique, en amour conjugal féerique ? Même dans nos communautés
chrétiennes - diocésaines ou locales
- la tentation peut être grande
de tomber dans l’illusion d’une fête
permanente. Et pourtant, la joie intérieure
n’est pas nécessairement
au rendez-vous.


La fidélité ordinaire
Dieu se dit également dans l’ordinaire
des choses. Ainsi Élie qui
découvre la présence de son Dieu,
non pas dans le tonnerre et la tempête,
mais “dans le murmure d’une
brise légère
” (1Rois19, 12). Dans
nos Églises locales, c’est le difficile
apprentissage auquel doivent se
soumettre les nouveaux baptisés
adultes : le temps de l’accompagnement
rapproché et l’illumination sacramentelle
sont terminés, le labeur
de la fi délité chrétienne doit commencer.
N’est-ce pas aussi le passage
que vit chaque couple après la
fougue des premiers temps ?
Le temps ordinaire, c’est donc
l’œuvre du Christ-Pédagogue qui
nous mène jour après jour sur les
chemins de l’humble fidélité. La
parabole de la graine semée dans
un champ qui germe et grandit
(cf. Mc 4, 26sq) en est une belle
manifestation.
Le tempo ordinaire
Certes, cela contredit le rythme effréné
de nos vies occidentales ou
l’illusion prétentieuse de l’agenda
bondé. Mais qu’importe ! Le Christ
est aussi la parole de vérité quand
cela concerne le tempo humain.
En bâtissant nos semaines sur
sept jours, dont un pour notre repos
et l’œuvre de la louange, Dieu
dit quelque chose de l’Homme, de
sa dignité et de son mode de vie
en société. L’expression “prendre
son temps
”, en christianisme, signifie que l’Homme doit demeurer
le maître d’œuvre du temps et ne
pas infliger à son corps ce que le
Créateur ne lui a pas donné en capacité.
Vous trouvez cela utopique
et irréaliste ? N’est-ce pas plutôt le
message révolutionnaire de l’Évangile
du Christ qui vient interpeller
jusqu’à nos manières concrètes de
vivre en société ?
En tout état de cause, si l’Église
nous invite à vivre trente-quatre
semaines de temps ordinaire sur
cinquante-deux existantes, c’est que
l’ordinaire ne doit pas être aussi
banal que cela !
P. PAUL-ANTOINE DROUIN


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