Le vendredi Saint en image


 

Le vendredi Saint, vendredi 29 mars, les chrétiens sont appelés au jeûne (qui consiste à se priver de nourriture suivant l’âge et les forces du fidèle), démarche de pénitence et de conversion, expression de l’attente du Christ.
L’office du Vendredi Saint, appelé « célébration de la Passion du Seigneur », est centré sur la proclamation du récit de l’arrestation et de la mort de Jésus en croix. Une marche silencieuse de la Croix aura lieu, notamment, dans les rues du vieux Mans entre l’église Saint Benoit et la cathédrale, présidée par Mgr Le Saux.
Il est aussi proposé aux fidèles à 15h, un chemin de Croix qui suit les étapes de la Passion du Christ.

HOMÉLIE DE MGR LE SAUX POUR L’OFFICE DE LA PASSION

vendredi Saint, 29 mars 2013


La liturgie du vendredi saint nous invite à contempler Jésus dans sa Passion, jusqu’à sa mort. Elle nous invite à nous approcher de la croix. A la fin de la célébration, nous serons invités à vénérer la croix.
Laissons-nous rejoindre par le Seigneur en ce jour. Laissons-nous éclairer par une telle bonté. Laissons-nous consolés dans nos souffrances. Laissons-nous réconcilier. « C’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était châtié, frappé par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos fautes qu’il a été transpercé, c’est par nos péchés qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. » (Is 53, 4-5)
Quelle est la juste attitude devant un tel mystère, un tel amour ?
Aux détachements de soldats et des gardes qui accompagnent Judas pour l’arrêter, Jésus pose la question : « Qui cherchez-vous ? Ils lui répondent : « Jésus le Nazaréen ». Jésus leur répond : « C’est moi ». (Jn 18, 4-5) Ce qui se traduit exactement par « Je suis », le nom même de Dieu quand il se révèle à Moïse dans le buisson ardent.
Cet homme humilié, condamné, cloué sur la croix, transpercé par la lance, c’est Dieu lui-même. Souvenez-vous. A la question posée par l’apôtre Philippe : « montre-nous le Père, cela nous suffit », Jésus avait répondu : « qui me voit, voit le Père » (Jn 14, 8-9) En voyant Jésus se livrer sur la croix, nous voyons le Père. Nous voyons comment Dieu aime. Nous voyons qui est Dieu. Laissons-nous bouleverser, atteindre par un tel amour.
Pilate demande à Jésus : « es-tu le roi des juifs ? » Jésus lui répond : « mon royaume n’est pas de ce monde. » Pilate lui dit : « Donc, tu es roi ? » Jésus répond : « C’est toi qui dit que je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » (Jn 18,33-37)
La royauté de Dieu, la puissance de Dieu se manifeste dans la fragilité, la souffrance et la mort. Jésus roi, dont le trône est une croix, le sceptre royal est un roseau, son vêtement de gloire un manteau de pourpre dont on l’a revêtu pour se moquer de lui, sa couronne, une couronne d’épine. Cette royauté passe par la vérité. Accueillir son règne suppose la vérité. Nous ne pouvons nous approcher de la croix qu’en nous mettant en vérité devant lui. Ou plus exactement en nous approchant de lui, il révèle la vérité de ce que nous sommes. Il a assumé nos finitudes, nos limites. Par son amour, il nous révèle ce que nous sommes en vérité, et la vérité rend libre. N’ayons pas peur de cette lumière qui nous libère de nos artifices et nos mensonges, de nos mondanités.
Par sa souffrance et sa mort sur la croix, Jésus rejoint toutes les souffrances humaines. Par la croix, l’amour éternel de Dieu rejoint les blessures les plus douloureuses de l’existence terrestre de l’homme. Par la croix, se révèle aussi la compassion de Dieu pour l’humanité. Il va jusqu’à habiter la souffrance humaine. Il va habiter ce qui est absurde, ce qui n’a aucun sens. Et en lui, la souffrance est traversée par l’amour. Jésus est écrasé par la souffrance. Dans sa passion, la souffrance humaine atteint son sommet et en même temps, elle prend une dimension complètement nouvelle. Elle est liée à l’amour. Dieu la traverse pour manifester un amour plus grand encore.
Jésus disait à ses disciples : « venez à moi, vous tous qui peinez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. » (Mt 11, 28-30)
Venons vers lui, en ce jour, avec nos fardeaux, avec les nôtres, mais aussi ceux de l’humanité toute entière. Et auprès de lui, nous trouverons le repos. Déposons en lui le poids de la souffrance, la nôtre et celle de ceux qui nous entourent, celle de l’humanité.
Après la mort de Jésus, « les soldats, voyant qu’il était déjà mort, ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. » (Jn 19, 33-34) Le Concile Vatican II dit qu’en Jésus, Dieu a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme. (GS 22) Aujourd’hui, ce cœur est transpercé. La parole même de Jésus se réalise : « de son sein jailliront des fleuves d’eau vive. » (Jn 7, 37) La croix du Christ est devenue une source d’où coulent des fleuves d’eau vive. Par sa mort, il nous a donné la vie. Nous sommes invités aujourd’hui à venir nous désaltérer aux sources vives du Salut. « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. Au contraire l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissante en vie éternelle » dit Jésus à la samaritaine. (Jn 4, 14)
En nous approchant de la croix, demandons la vie.

Mgr Yves Le Saux
Evêque du Mans


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