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Les Journées Nationales Prison

Centre de l'Etoile

26 rue Albert Maignan - 72000 Le Mans

20h30

Mercredi 28 novembre 2012

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Les 19èmes Journées Nationales Prison (JNP) auront lieu du 24 au 30 novembre 2012 avec pour thème : « Prison, ce n’est pas la peine d’en rajouter ».
Elles sont à l’origine une initiative de la FARAPEJ (Fédération des Associations Réflexion-Action, Prison Et Justice) lors de sa création en 1991. Depuis une quinzaine d’années, les JNP sont organisées par le Groupe National de Concertation Prison qui regroupe L’ANVP (Association nationale des visiteurs de prison), les Aumôneries catholique, protestante, musulmane des prisons, la CIMADE, la Croix Rouge française, Emmaüs France, la FARAPEJ, la FNARS, le GENEPI, le Secours catholique et l’UFRAMA (Union Nationale des Fédérations Régionales des Associations de Maisons d’Accueil de Familles et proches de personnes incarcérées) .


Pourquoi les Journées Nationales Prison ?
Parce que tout citoyen doit savoir ce qu’est la prison, sanction la plus utilisée, actuellement, par des magistrats qui rendent la Justice « au nom du peuple français » ; l’incarcération qui frappe de plus en plus lourdement, et qui est réclamée, avec souvent beaucoup de passion, par l’opinion publique, relayée par les médias.
Or, tous ceux qui interviennent en prison le savent bien, le décalage est grand entre ce que les gens imaginent, les vertus qu’ils lui attribuent pour leur sécurité future, et le taux élevé de récidive. Quelle entreprise pourrait fonctionner avec un si faible taux de réussite ?
Et pourtant, la loi doit être respectée, les victimes doivent obtenir réparation, chaque citoyen doit pouvoir espérer vivre dans une sécurité suffisante, mais chaque citoyen doit aussi pouvoir bénéficier d’une Justice respectueuse des droits de l’homme.
Mais tout essai de mise en application d’autres types de sanctions (semi-liberté, chantiers extérieurs, placement sous surveillance électronique, libération conditionnelle, etc…) par des magistrats soucieux à la fois de la dignité de la victime et de celle de la personne délinquante, et de son avenir, ne peut aboutir qu’avec le soutien d’une opinion publique bien informée, d’où l’importance de cette Journée Nationale Prison, dans toute la France.


Le thème des JNP 2012 :

« Prison, ce n’est pas la peine d’en rajouter »


Le Groupe National de Concertation Prison (GNCP) a décidé de prendre comme thème des journées nationales prison 2012, celui des peines alternatives afin de sensibiliser l’opinion publique au fait que « peine » ne signifie pas forcément enfermement, surtout pour de petites peines qu’on sait souvent inutiles. Autant il est nécessaire que toutes peines soient exécutées, ne serait-ce que pour le respect que l’on doit aux victimes, autant magistrats et politiques peuvent essayer « d’inventer » d’autres manières de punir.


Dans le cadre de ces Journées Nationales Prison, le Groupe local de concertation prison de la Sarthe organise une soirée :

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Conférence-débat avec Mr Pascal DECARPES, expert européen en criminologie
le mercredi 28 novembre 2012 à 20H30
Centre de l’Etoile, 26 rue Albert Maignan au Mans
En quarante ans la population pénitentiaire a doublé en France.
Selon la loi pénitentiaire de 2009, la prison devrait être la peine imposée en dernier recours. L’emprisonnement n’est pas une solution en soi. Il ne fait pas diminuer la délinquance et il ne favorise pas la réinsertion dans la société des personnes détenues.
Ne convient-il pas de favoriser les peines alternatives à la prison plutôt que de construire de nouvelles prisons ?
C’est à la lumière de son expérience européenne que Mr Pascal DECARPES abordera cette question.

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Interview de Gérard Chenais au micro de Colette Mahe, RCF Le Mans, sur la soirée JNP au Mans. Pour écouter, cliquez sur cette icône


Le Groupe local de concertation prison de la Sarthe rassemble : l’Association Sarthoise pour l’Accueil des Familles de Détenus (ASAFD), le Secours Catholique, les Visiteurs de prison, Enjeux d’enfants, l’Entraide Protestante, la Ligue des Droits de l’Homme, le Téléphone du dimanche, l’aumônerie catholique.

L’Eglise et la prison


« J’étais en prison et vous êtes venus me voir » Evangile de Matthieu 25, 36
Toute personne détenue est un être aimé de Dieu. L’Eglise porte le soucis de de toutes ces femmes et hommes incarcérés.


REHABILITATION DES DETENUS
Benoît XVI a reçu ce matin les participants à la XVII Conférence des directeurs d’administrations pénitentiaires du Conseil de l’Europe, devant lesquels il a rappelé que les questions de justice pénale attirent l’attention de l’opinion publique comme des gouvernements, « dans une période où la criminalité est accrue par l’élargissement du fossé socio-économique et l’augmentation de l’individualisme. Or la tendance est de réduire le débat au niveau législatif, de l’identification des délits à la phase de jugement... On prête une moindre attention aux modalités d’exécution des peines carcérales, alors que la notion de justice doit absolument être complétée par le respect de la dignité et des droits de la personne. Quoique indispensable, ce paramètre est malheureusement encore loin d’être acquis dans nombre de pays. On ne saurait d’ailleurs le considérer comme suffisant pour garantir intégralement les droits individuels. Au delà des déclarations de principe, il faut s’engager à rééduquer effectivement le détenu, envers la société comme à ses yeux ».
« Pour que la justice des hommes puisse être inspirée par la justice divine, la fonction rééducative de la prison doit être perçue comme le sommet et l’accomplissement du système pénal. Pour rendre justice, il ne suffit pas que le coupable soit puni. La peine infligée doit permettre de tout entreprendre afin de corriger et améliorer la personne punie. On doit donc tout faire pour éviter que la prison ne se transforme en une peine qui accentue la tendance à la délinquance et la dangerosité du sujet ». Puis le Saint-Père a encouragé ses hôtes à tout mettre en œuvre pour développer une justice plus réelle, « qui s’ouvre aux forces libératrices de l’amour et soit directement liée à la dignité de la personne ». Rencontrer les détenus, s’engager à rendre sa dignité à « qui souffre d’avoir été marginalisé et méprisé, découle de la mission même du Christ, venu chercher les pécheurs et non les justes, qui sont les premiers destinataires de la miséricorde divine. Tout homme est appelé à devenir le garant de son frère de manière à dépasser l’indifférence homicide de Caïn ». Benoît XVI a alors rappelé aux dirigeants du secteur pénitentiaire leur devoir de protéger les détenus pouvant « oublier la valeur de la vie et de leur dignité en cédant au désespoir. Le respect profond de la personne, la réhabilitation du détenu, la constitution d’une communauté éducative, sont d’autant plus prioritaires que s’accroît la présence de détenus étrangers, souvent en situation de fragilité... Il est donc très important de développer des actions d’’évangélisation et d’assistance spirituelle, afin de réveiller dans ces personnes la joie de vivre, le désir du beau, la conscience de porter en soi l’image indélébile de Dieu ».
Source : Cité du Vatican, 22 novembre 2012 (VIS)

Congrès national de l’Aumônerie catholique des prisons à Lourdes

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L’aumônerie catholique des prisons a pour mission d’être une présence d’Église auprès des personnes incarcérées.
« Appelés à la liberté. L’insertion : un défi, une espérance » : c’est le thème du congrès de l’aumônerie catholique des prisons, qui a eu lieu du 19 au 21 octobre 2012 à la Cité Saint Pierre, antenne du Secours Catholique à Lourdes et qui réunissaient 500 aumôniers de prison et une centaine d’invités.
Venus de toute la France, les quelques 500 aumôniers de prison rassemblés à Lourdes comptent dans leurs rangs des prêtres, des religieux ou religieuses, des diacres, mais surtout des laïcs en grande majorité.
L’aumônerie catholique des prisons a pour mission d’être une présence d’Église auprès des personnes incarcérées.
La mission des catholiques engagés auprès de personnes incarcérées s’inscrit dans le message biblique de libération. Elle ne nie pas les difficiles problèmes que posent les prisons et les trop nombreuses personnes victimes de la délinquance. Mais elle s’appuie sur l’idée que toute personne humaine doit avoir devant elle un avenir possible.
Jean Rodhain, fondateur du Secours Catholique et de la Cité Saint Pierre, fut à son époque aumônier général des prisons et le Secours Catholique a été fondé lors du grand pèlerinage du retour des prisonniers et déportés en 1946 à Lourdes.
La Cité Saint Pierre accueille donc ce congrès en cohérence avec sa mission : les prisonniers et leurs familles font partie des personnes qui vivent des situations de pauvreté ou d’exclusion.
En vivant sa mission pastorale dans le monde carcéral, l’aumônerie participe à la réinsertion.
La vocation d’une personne détenue n’est pas de rester dans l’oubli derrière les murs, ni de survivre en marge de la société mais bien de se reconstruire et vivre pleinement la famille humaine.
Ce congrès a lieu tous les six ans et réunit tous les aumôniers de France et d’Outre-mer. Il avait pour but de réfléchir aux conditions dans lesquelles l’aumônerie des prisons peut être acteur de la préparation à la réinsertion, sujet d’actualité brûlante.


Compte tenu de sa présence à l’intérieur des établissements et de son mandat qui lui vient de l’extérieur, l’aumônerie catholique des prisons est particulièrement bien située face à l’exigence de réinsertion des personnes détenues. Elle peut assurer les liens qui favorisent le retour à la liberté des personnes détenues dans de bonnes conditions.
Ces liens reposent sur un dialogue de qualité avec les différents partenaires  :
- Les personnels pénitentiaires pour leur permettre de prendre la mesure de l’enjeu des rencontres individuelles et collectives que leur travail doit faciliter.
- Les agents du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation, en exerçant auprès d’eux une veille attentive et un rôle d’alerte pour les personnes détenues les plus fragiles et les plus oubliées.
- Les associations qui travaillent à l’accueil des personnes libérées.
- Les communautés chrétiennes pour qu’elles se fassent accueillantes et offrent des lieux de rencontre.
- Les responsables politiques et administratifs pour qu’ils assurent un bon fonctionnement des conseils d’évaluation des établissements.
Ce dialogue initié par l’aumônerie doit instaurer un échange entre « l’extérieur » et « l’intérieur » afin de casser les images et les demandes sécuritaires qui envahissent l’opinion publique. C’est ce changement de regard qui permet la réinsertion, seul moyen de lutter contre la récidive.
Cette lutte contre la récidive passe par les conditions d’incarcération qui sont souvent la source d’une victimisation des détenus. Ce sentiment d’être victime empêche la compréhension du sens de la peine. C’est le coêur de la mission de l’aumônerie que de contribuer à cette recherche et à proposer la possibilité du pardon. L’obsession sécuritaire est un obstacle majeur à un chemin d’humanité et de responsabilité qui puisse ouvrir au pardon.
Au cours de ce congrès, les participants ont donc partagé expériences et prospectives autour de 9 thèmes qui disent le quotidien et le projet de l’aumônerie. Les personnes détenues avaient au préalable répondu à une enquête sur ces 9 thèmes. Je vous donne ces axes de réflexion, avec ce qu’avaient dit les personnes détenues en répondant à l’enquête et les convictions des aumôniers lors du congrès.

  • 1. Le groupe d’aumônerie : un atout pour la réinsertion
    Parole de détenus :
    « Partager en groupe d’aumônerie, permet de se connaitre et d’avoir un autre regard sur la personne ; c’est une bonne nouvelle car Jésus ne fait pas de distinction »
    Conviction de l’aumônerie :
    - Que soient mis en place des équipes d’aumônerie dans chaque établissement.
    - Que l’administration pénitentiaire donne les moyens de temps et de lieux pour que ces rencontres des groupes d’aumônerie puissent se tenir régulièrement.
  • 2. La rencontre individuelle : ouverture d’un possible.
    Parole de détenus :
    « Rencontrer l’aumônier c’est trouver un confident qui ne jugera pas mais bien au contraire qui va écouter et aider dans le dialogue, rendre la dignité dans laquelle on va se reconstruire et retrouver sa spiritualité ».
    Conviction de l’aumônerie :
    - Pour faire comprendre l’enjeu de la rencontre individuelle et les conditions pratiques de sa mise en oêuvre, instaurer un dialogue avec les personnels.
  • 3. Les invités du dimanche : échange avec l’extérieur.
    Parole de détenus :
    « Recevoir des invités à l’aumônerie est un acte majeur pour un retour à une dignité retrouvée, c’est vital pour la solidarité et l’ouverture sur l’extérieur. »
    Conviction de l’aumônerie :
    - Favoriser et renforcer les échanges entre les communautés de l’extérieur et de l’intérieur pour sortir d’une opinion publique sécuritaire.
  • 4. Les partenaires : relais de compétences
    Parole de détenus :
    « Je pense que les liens entre tous les intervenants sont biens et indispensables pour une réelle insertion. Si tout le monde avait fait ce qu’il faut dès ma première connerie, on n’en serait pas là. »
    Conviction de l’aumônerie :
    - Faire reconnaitre et accepter notre responsabilité de veilleur auprès des différents partenaires intervenant dans la prison.
    - Contribuer à l’existence de réseaux locaux d’acteurs pour une action concertée en faveur des personnes détenues en prison ou à leur sortie.
  • 5. Le souci des victimes et l’étroit sentier du pardon
    Parole de détenus :
    "Les aumôniers ont pris le temps de m’écouter et m’ont fait changer dans les mauvaises idées qui passent dans ma tête. J’essaie de maintenir cette bête immonde qui est la haine, au fond de moi ; je ne veux pas qu’elle refasse surface.
    Conviction de l’aumônerie :
    - Sortir de la victimisation pour que l’auteur devienne capable d’assumer sa responsabilité vis-à-vis de sa victime.
    - Rappeler à tous les intervenants l’exigence d’accompagner la personne détenue dans la recherche du sens de sa peine, sans lequel il n’y a pas de chemin de pardon possible.
  • 6. Des lieux d’Eglise ouverts aux marges : une utopie … des possibles … des expériences ?
    Parole de détenus :
    « Je voudrais à ma sortie rentrer dans un groupe chrétien pour être mieux, être plus en paix avec moi-même, mais j’ai peur de ne pas trouver une place parmi les chrétiens en paroisse ».
    Conviction de l’aumônerie :
    - Interpeller autorités religieuses, communautés, mouvements et services existants pour que soient accueillis et écoutés tous ceux qui sont aux marges dont les sortants de prison.
  • 7. Vivre ensemble la Bonne Nouvelle : attitudes pastorales.
    Parole de détenus :
    « Vivre la Bonne Nouvelle, c’est se rendre compte que l’on s’intéresse à ce que l’on est et pas à ce que l’on a fait. Cela m’a permis de pouvoir être à l’écoute de mon prochain et de l’aider à trouver son chemin de liberté, comme on m’a aidé à trouver le mien ».
    Conviction de l’aumônerie :
    - Il y a urgence à partager nos expériences et nos attitudes pastorales avec les communautés pour nous enrichir mutuellement.
  • 8. L’accueil de l’étranger :
    Parole de détenus :
    « Il faut oublier les difficultés dans lesquelles on se trouve, sans distinction de couleur de peau, ni d’origine ; mes rencontres avec d’autres personnes m’inspirent le respect de chacun dans la vie quotidienne ».
    Conviction de l’aumônerie :
    - Se donner les moyens d’accueillir la culture des étrangers dans nos propositions pastorales.
  • 9. Le rôle prophétique de l’Eglise en prison.
    Parole de détenus :
    « C’est obligé que l’Eglise soit en prison pour réaffirmer la dignité de l’homme. L’Eglise en prison est indispensable parce que l’aumônerie peut être une façon d’alerter ».
    Conviction de l’aumônerie :
    - Diaconia 2013 : un lieu pour révéler la vie en détention sous toutes ses formes et un temps à ne pas louper pour permettre à l’Eglise d’être prophétique dans la société


A partir de ces thèmes, il y a eu quatre regards chronologiques durant ce congrès :
• l’expérience des personnes détenues (par l’enquête)
• la réflexion des théologiens.
• les convictions exprimées par les participants (aumôniers)
• la réception de ces communications par des responsables et partenaires institutionnels lors d’une table ronde.


• Permettre à des personnes incarcérées de retrouver leur liberté dans les meilleures conditions sociales, psychologiques et spirituelles n’est pas un affront fait aux victimes comme certains discours le laissent à penser.
• Servir la reconstruction du lien social et du vivre ensemble dans le respect et la tolérance : une exigence sociale et éthique.
Ce congrès de l’aumônerie catholique des prisons a été avant tout un temps fort de réflexion et de recherche pour aider des personnes détenues à retrouver leur liberté dans les meilleures conditions pour elles mêmes et pour la société.
Ainsi plus que la rencontre de ces 500 aumôniers, c’est une étape de recherche et de propositions qui s’adresse à l’ensemble de la société.
C’est une exigence sociale, morale et spirituelle.
Nous sommes tous concernés par le devenir de ces hommes et ces femmes aujourd’hui incarcérés qui sont appelés à être, à nouveau demain, pleinement citoyens et pleinement libres. La vraie prise en compte des victimes et la lutte contre la récidive sont à ce prix là.
L’aumônerie ne vise pas d’abord la réinsertion. Son activité est pourtant reconnue jusque dans le code de procédure pénale comme pouvant concourir à la réinsertion.
À travers ses missions à l’intérieur des établissements pénitentiaires, en lien avec ses partenaires, et en s’appuyant sur la parole des personnes détenues qui ont largement été consultées, l’aumônerie catholique des prisons veut faire émerger des propositions pour répondre à cette exigence sociale.


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