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Les nouveaux missionnaires diocésains

Traditionnellement, pendant des siècles, de très nombreuses congrégations religieuses ont envoyé des hommes et des femmes porter le message de l’Évangile à travers le monde tout en mettant leurs compétences au service des plus démunis. Depuis plusieurs décennies, les jeunes Églises, à leur tour, envoient leurs propres prêtres apporter leur aide aux paroisses qui en ont besoin en France.
Eglise En Sarthe est allée à la rencontre du Pére J. Sossu venu du Bénin et nommé curé des paroisses de Conlie, Bernay et St Symphorien depuis cette année 2012
Prêtres venus d’Afrique et d’Asie déjà dans la diocèse : le P. J.-C.Vial, auxiliaire à Mamers, le P. Charles Lee, curé à Beaumont-sur-Sarthe, le P. Louis Bahelanya, auxiliaire à l’ensemble paroissial du Christ-Sauveur qui assurera aussi des cours d’ Écriture sainte à la FIRE et le P. Narcisse Kakoma, prêtre diocésain, curé de Vibraye.
Du Bénin à Conlie

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Rencontre pleine de chaleur et d’enthousiasme avec le Père Julien Sossou originaire du Bénin, curé de Conlie depuis septembre 2012.


EES : Quel a été votre parcours ?
P. J. Sossou : Né le 27 janvier 1964 à Porto-Novo, capitale du Bénin (anciennement le Dahomey), j’ai été baptisé tout petit, quelques mois plus tard en la cathédrale Notre-Dame de l’Immaculée Conception où mes parents allaient à la messe. Très tôt, dès 1975, j’ai participé avec intérêt à la chorale des jeunes Saint-Grégoire Le Grand et au groupe de prière « Feu Nouveau ». Ma vocation est née à un moment où les Pères de la Société des Missions Africaines (SMA) de Lyon ont commencé à être rappelés en France. J’ai alors voulu me mettre au service de mes frères et sœurs. J’ai étudié au séminaire de Parakou entre 1986 et 1989, années pendant lesquelles la politique marxiste-léniniste était déjà à bout de souffle alors qu’en 1975 elle tournait à plein régime : les écoles confessionnelles étaient réquisitionnées, des églises fermées et des prêtres jetés en prison. La conférence des Forces vives de février 1990 a heureusement mis fin à ce régime militaire. Après une année de Propédeutique au grand séminaire Saint-Gall de Ouidah, ville historique où descendirent les premiers missionnaires SMA en 1861, j’ai suivi deux années de philosophie puis un an de stage canonique en la paroisse Sainte-Thérèse de l’Enfant- Jésus d’Azowlissè dans la vallée du fleuve Ouémé et quatre années de théologie. Après mon diaconat en août 1997, j’ai été envoyé en stage à la paroisse Sainte-Claire de Pobè. Le 15 août 1998, j’ai été ordonné prêtre en la cathédrale de Porto-Novo et nommé vicaire à mon lieu de stage canonique, Azowlissè puis curé intérimaire à la Sainte-Famille d’Adjarra de juin à septembre. En septembre 2000, je suis nommé curé de la paroisse Saint-Hubert de Missérété, une paroisse de dix-neuf églises (stations) de laquelle va naître la paroisse de Vakon en 2002 et plus tard la paroisse de Katagon. J’ai été ensuite curé de la paroisse Sainte-Anne d’Agbalilamè de 2006 à 2008. Puis enfin j’ai été envoyé au collège Notre-Dame de Lourdes successivement en tant qu’aumônier des élèves et professeur en musique et en religion (2008-2009), puis censeur, professeur en musique, religion et latin (2009-2011). Le 6 décembre 2011, je suis arrivé en France.
La musique semble avoir beaucoup d’importance pour vous ?
En effet et depuis que je suis tout petit. D’ailleurs, dans le diocèse de Porto-Novo, entre 2000 et 2007, j’ai été aumônier des chorales de jeunes dans lesquelles on utilise guitares, batteries … et aussi, jusqu’à mon départ pour la France, aumônier des chorales grégoriennes et, à partir de 2008, aumônier des chorales en langue Mina dites Aluwasio. C’est une des raisons qui ont conduit mon évêque à me proposer de me rendre à Solesmes pour compléter ma formation en grégorien tout en apportant mon concours aux paroisses sans prêtre chaque fin de semaine. C’est ainsi que je suis arrivé à Conlie l’avant-veille de Noël dernier. J’y ai reçu un accueil qui m’a fait chaud au cœur.
L’arrivée dans la Sarthe en plein mois de décembre restera-t-elle un bon souvenir ?
Je garde en mémoire la descente magique en avion vers Roissy pendant laquelle je voyais toutes les illuminations de Noël scintiller dans la nuit mais c’est l’accueil reçu à Solesmes qui restera gravé à tout jamais dans ma mémoire. Les moines et le Père Abbé n’ont su que faire pour m’être agréable. Le vicaire général et l’évêque sont venus tour à tour me souhaiter la bienvenue. Ma prise de contact officielle à Conlie a elle aussi été un grand moment d’émotion. Ici, dans ma paroisse, tout a été mis en œuvre pour m’aider. J’ai souvent répété que les mots me manquaient pour savoir exprimer à tous ma reconnaissance.
Quelles sont vos premières impressions après ces quelques mois dans le diocése ?
Je suis frappé par le respect que les personnes plus âgées ont du prêtre. Les petits-enfants, souvent en contact avec leurs grands-parents, ont un sens du religieux alors que la génération entre les deux me semble plus indifférente. Il y a quelque temps un petit garçon qui souhaitait se confesser a réussi à décider son père à l’amener à l’église. C’est déjà un signe. J’attends beaucoup de la Nouvelle Évangélisation.
Propos recueillis par Gérard Honoré et Dominique Jean
Le Dahomey, ancienne colonie française devenue indépendante le 1e août 1960, a pris le nom de République Populaire du Bénin le 30 novembre 1975. La polygamie reste très présente. La population peut se répartir ainsi : catholiques et protestants (43%), musulmans (25%), animistes (17%).


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