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Message à la fin de la célébration de l’ordination

Chers frères et sœurs,
Chers amis rassemblés dans cette cathédrale et aussi tous ceux qui nous écoutent sur les ondes de R.C.F,

Aujourd’hui, conscient de mon extrême pauvreté, je me présente à vous avec confiance, confiance en Dieu qui accorde sa grâce dont l’amour, la miséricorde et la puissance sont sans limite, confiance en vous tous qui m’accueillez avec tant de bonté et de délicatesse.

J’adresse mes remerciements à tous.

Tout d’abord à Son Excellence Monseigneur Fortunato Baldelli, Nonce apostolique en France, qui représente parmi nous le Saint Père, Benoît XVI. En vous remerciant de votre présence c’est tout mon attachement indéfectible à la personne du Saint Père et à son ministère de successeur de Pierre que je veux exprimer.

Grand merci à vous mes frères dans l’Episcopat qui m’entourez aujourd’hui. A vous, particulièrement Monsieur le Cardinal André Vingt Trois qui avez accepté de présider à mon ordination. Merci à Monseigneur Pierre d’Ornellas, archevêque métropolitain de Rennes, avec qui je serai amené à collaborer de manière plus étroite. Merci à vous, Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, mon diocèse d’incardination.

Merci aussi à vous, Monsieur le Cardinal Jean-Pierre Ricard, qui m’avez manifesté tant d’amitié et d’encouragement.

Permettez-moi d’exprimer une pensée pour Monseigneur Faivre, mon prédécesseur, qui n’a pu être présent parmi nous pour des raisons de santé. Je l’ai rencontré il y a quelques jours, il m’a assuré de sa prière pour moi et pour le diocèse.

Je salue aussi de manière particulière Monseigneur Hans Josef Becker, archevêque de Paderborn et toute la délégation qui l’accompagne. Cela manifeste ainsi le lien qui n’a jamais été interrompu depuis le neuvième siècle entre nos deux diocèses.

Mes remerciements vont aussi aux autorités civiles qui nous honorent de leur présence.

Merci à vous Monsieur le Premier Ministre. Merci à Monsieur le Maire du Mans, à Monsieur le Président du Conseil Général. Merci à vous Messieurs et Mesdames les Parlementaires ainsi qu’à tous les élus.

Merci à Monsieur le Préfet ainsi qu’à toutes les autorités civiles et militaires.

Merci de témoigner par votre présence de l’attention que vous accordez à la communauté catholique. Vous pouvez compter sur ma collaboration et sur celle des catholiques, au service du bien de l’homme, en particulier en cette période de plus grand difficulté économique qui risque d’augmenter les situations de détresse des plus démunis.

Nous serons à vos côtés à chaque fois que ce sera nécessaire pour défendre la dignité de la personne humaine, depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, ou pour promouvoir la famille, fondée sur l’union d’un homme et d’une femme ouvert à la vie.

En ce jour, je voudrais aussi manifester ma reconnaissance à ma famille. Merci maman. Merci à mes frères et à ma sœur jumelle et aux autres membres de ma famille qui, au cours des années ont accepté de me voir si peu, et qui n’ont jamais mis aucun obstacle à ma volonté de répondre à l’appel de Dieu.

Je remercie aussi tous les membres de la Communauté de l’Emmanuel dont je suis issu. Le prêtre que je suis, je vous le dois. C’est vous qui au cours des années m’avez permis et aidé à répondre à l’appel de Dieu. Merci pour l’amour de l’Eglise. Merci pour le désir de la Sainteté. Merci pour le feu missionnaire. Merci particulièrement aux membres des Conseil avec qui j’ai collaboré ces dernières années. Merci à mes frères prêtres que j’ai essayé de servir et qui m’ont tant édifié. Merci de m’avoir toujours conduit à regarder le Christ Jésus et à le suivre.

Un salut particulier aux Bretons venus de mon village natal Quistinic.

A vous maintenant, mes frères et sœurs du diocèse du Mans, qui, depuis quelques semaines, faites tout pour m’accueillir avec tant de délicatesse.

Merci à tous ceux qui ont travaillé à la préparation de cette cérémonie et de cette journée. Merci à ceux qui ont assuré les différents services parfois cachés. Merci à la Maîtrise. Merci au Père Bernard de Chasteigner, responsable de la liturgie et au Père Le Sourt, curé de la cathédrale.

Je remercie aussi le Père Jean Bréjon, administrateur du diocèse depuis plusieurs mois qui a tout fait pour me faciliter les choses. Merci pour l’amitié qu’il m’a immédiatement accordé. Merci à tous les membres du collège des consulteurs.

Je salue aussi cordialement le représentant de l’Eglise orthodoxe, et les représentants des communautés ecclésiales issues de la réforme et aussi le représentant des communautés juives du Mans.

Chers frères et sœurs, je suis maintenant votre évêque.

Je me remets pauvrement à votre prière pour que le Seigneur fasse de moi un pasteur selon son cœur. J’ai besoin de votre prière, de votre bienveillance, de votre collaboration, de votre élan missionnaire et de votre désir de la Sainteté.

Je reçois l’ordination épiscopale le jour où le diocèse célèbre la Saint Julien, premier évêque du Mans. C’est pour moi une invitation de la providence à me situer dans la continuité de tous ceux qui nous ont précédés dans l’annonce de l’Evangile, depuis les premiers missionnaires au quatrième siècle qui ont fondé l’église en Sarthe, jusqu’à ceux qui ont travaillé au synode de 1988 et à sa reprise en 2008.

L’Eglise célèbre aussi aujourd’hui la fête de la conversion de Saint Paul en cette année qui lui est particulièrement consacrée. Cela aussi est providentiel. « La conversion de St Paul est une invitation à placer le Christ au centre de nos propres vies de manière que notre identité soit essentiellement marquée par la rencontre et la communion avec le Christ. » (Benoît XVI). Comme St Paul, laissons-nous saisir par le Christ et que la charité soit déversée dans nos cœurs par l’Esprit Saint.

Un mot d’abord aux prêtres

Le Concile Vatican II rappelle que l’évêque doit être le frère, l’ami et le père de ses prêtres. Nous aurons à travailler ensemble comme des frères. Il n’y a pas de témoignage plus efficace que la charité fraternelle. Je sollicite votre amitié et vous livre la mienne. J’espère que le Seigneur m’accordera malgré mon jeune âge, d’être un véritable père.

Aux diacres

Par l’ordination vous avez été configurés au Christ en tant qu’il est serviteur. Mettez-vous sans cesse à l’école du Christ Serviteur, que ce soit l’idéal de vos vies, la consolation des pauvres et des petits et la joie de l’Eglise.

A tous les fidèles laïcs

Quelque soit votre état de vie ou votre situation : marié, célibataire, veuf, séparé, dans les difficultés de la vie, dans la réussite ou l’échec, peut être malade, jeune ou âgé. Tous, par votre Baptême, vous avez revêtu le Christ et vous avez été incorporés au Corps de l’Eglise. Par la Confirmation vous avez reçu l’Esprit Saint. Que cette célébration de l’ordination de votre évêque soit l’occasion d’un renouvellement de votre attachement au Christ et de la joie d’être chrétien.

Je me permets de vous rappeler votre vocation : être missionnaire de l’Evangile. Votre rôle c’est d’être des évangélisateurs.

Nous serons jugés sur la charité et sur la charité concrète. « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir. » Mat. 25, 35-36.

Mais Seigneur quand est-ce que vous avez eu faim et soif, que vous étiez un étranger, nu, malade, prisonnier ? « … Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Mat. 25, 40. A chaque fois que vous ne l’avez pas fait, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.

De la même manière que la contemplation n’est pas en opposition à l’action, bien au contraire, la contemplation produit l’action. L’annonce de l’Evangile n’est pas en opposition avec la charité concrète. L’une suppose l’autre, et l’une conduit à l’autre

Nous devons aujourd’hui plus que jamais rendre compte de l’Espérance qui est en nous. Partout, en famille, dans les lieux où nous vivons, où nous travaillons. Le monde nous attend. Beaucoup de nos contemporains ne savent plus pourquoi ils vivent. Beaucoup sont dans l’angoisse fasse à l’avenir. Les biens matériels et les loisirs ne peuvent pas combler le cœur de l’homme. Seul l’amour et la vérité peuvent combler le cœur. Le monde n’est hostile à l’Evangile, il est ignorant.

Nous devons être des témoins du Christ ressuscité, par l’authenticité de notre vie, par notre attachement à servir la vérité, mais en premier lieu par la joie. La joie, parce que la vie a un sens, la joie parce que l’homme est aimé de Dieu, la joie parce que le pardon est possible, la joie parce que l’homme est destiné à la vie éternelle, la joie parce que la souffrance et la mort n’ont pas le dernier mot, la joie parce que Jésus a vaincu la mort.

Soyez par votre vie et vos paroles, témoins de la joie d’être sauvés. Notre présence et notre parole sont attendues.

Permettez-moi encore un mot pour les familles et pour les jeunes.

Les familles

Aujourd’hui la famille est déstabilisée. Cependant, jamais on a eu autant besoin du témoignage des familles. Vous êtes la présence visible de l’Amour de Dieu dans le monde. La manière dont vous vous aimez, dont vous êtes fidèles à travers les joies, les épreuves, les échecs de la vie, la façon dont vous vous pardonnez, révèlent quelque chose de l’Amour de Dieu pour l’humanité.

C’est dans la famille que l’on apprend la simplicité, le respect de l’autre. On apprend à vivre le quotidien, la valeur de l’effort et de la patience, la responsabilité et la liberté.

Courage, le monde et l’Eglise ont un absolu besoin de vous.

Aux jeunes

La jeunesse est le temps de la générosité. Je vous invite à une grande générosité. Jésus aime les cœurs généreux. Vous êtes à l’âge des choix qui engagent la vie. N’ayez pas peur de l’avenir, vous n’êtes pas seul et on a besoin de vous, le Christ a besoin de vous.

Ne vivez pas pour vous-même, il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. La superficialité, la seule consommation des biens matériels, le plaisir immédiat, l’artifice et le mensonge, n’ont jamais comblé le cœur de l’homme.

Jésus est devant vous comme il l’était devant le jeune homme riche de l’Evangile qui lui posait la question de la vie éternelle, la question du sens de la vie.

Posez à Jésus la question de la vie éternelle. Entrez en dialogue avec lui. La réponse de Jésus au jeune homme est : « Si tu veux être parfait, vend tous tes biens, donne-les aux pauvres et suis moi. » Les biens du jeune homme c’est d’abord sa jeunesse.

Je vous invite à ne pas amasser des biens pour vous-même mais pour les pauvres et à suivre Jésus.

Certains garçons parmi vous sont appelés au sacerdoce ministériel, à être prêtre. « Un homme ne peut rien faire de plus grand que de donner aux fidèles le Corps et le Sang du Christ et de pardonner les péchés. » (Benoît XVI à Lourdes).

D’autres garçons et filles sont appelés par Dieu au célibat pour le Royaume de Dieu. Un défi lancé au monde. Rappeler que le sens de la vie est en Dieu et témoigner de l’éternité dès ici-bas.

N’ayez pas peur d’entrer dans un dialogue profond avec Jésus. Dialogue qui permet d’entendre l’appel de Dieu et d’y répondre. Laissez Jésus parler à votre cœur. Ne vous préoccupez pas de ce qu’en pensent les autres. « Viens, suis-moi. »

La devise que j’ai choisie est « Jésus, doux et humble de cœur. » Elle fait référence à un passage de l’évangile de Matthieu (Mat. 11, 28-29). Jésus s’adresse à la foule :

« Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau et moi je vous soulagerai, chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de cœur et vous trouverez le repos. »

A tous, je veux lancer cet appel. Approchez-vous de Jésus, il est doux et humble de cœur. En particulier ceux qui peinent sous le poids des fardeaux. Tous ceux qui sont exclus d’une manière ou d’une autre. Tous ceux qui sont blessés ou dans l’échec, tous ceux qui souffrent. Venez à lui comme il vient à vous. Mettez-vous à l’école du Christ et vous trouverez le repos.

L’homme ne peut vivre sans amour, sans être aimé et sans aimer lui-même. Auprès du cœur du Christ l’homme découvre l’amour de Dieu et reçoit lui-même la capacité d’aimer.

Cette devise fait aussi référence à une prière traditionnelle que récitent les pèlerins de Paray Le Monial : « Jésus, doux et humble de cœur, j’ai confiance en Toi. »

Je vous invite à la confiance qui est fruit de l’Espérance. Notre avenir personnel et l’avenir du monde sont dans les mains de quelqu’un qui est Amour. Jésus a vaincu la mort.

Je veux être parmi vous témoin et missionnaire de l’Espérance.

Jésus, doux et humble de cœur, j’ai confiance en toi.

Mgr Yves Le Saux
Evêque du Mans


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