Ordination : Cheminement d’Hubert de Richemont

Cathédrale du Mans

15h30

Dimanche 24 juin 2012

Ordonné diacre le 26 juin 2011 dans l’église Notre-Dame de Sablé-sur-Sarthe où il vit actuellement sa mission diaconale, Hubert de Richemont sera ordonné prêtre le 24 juin prochain à 15h30 en la cathédrale du Mans par Mgr Yves Le Saux. Il témoigne de cette année de diaconat, un don de Dieu.

Cheminement d’Hubert de Richemont

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Le diaconat : un don de Dieu
Article d’Eglise En Sarthe (n° 61 de juin 2011), avant son ordination diaconale.


Depuis un an et demi, Hubert de Richemont, séminariste, se rend chaque fin de semaine dans le doyenné de Sablé-sur-Sarthe. C’est donc tout naturellement qu’il sera ordonné diacre dans l’église Notre-Dame de Sablé par Mgr Yves Le Saux, le 26 juin prochain. Église en Sarthe a souhaité lui donner la parole à cette occasion.
EES : Parlez-nous de votre cheminement personnel et plus particulièrement de ces six dernières années.
Hubert de Richemont : La question de la prêtrise ne m’a pas traversé l’esprit avant l’âge de 21 ans ! Pourtant, j’ai reçu une éducation chrétienne. J’ai aussi fait du scoutisme au Mans. Je n’étais sans doute pas prêt à entendre l’appel puisqu’il n’a résonné en moi qu’au début de ma vie adulte.
Je suis entré au séminaire Saint-Jean de Nantes en septembre 2004, après quelques années d’études à la faculté de Droit du Mans. Ceux qui m’interrogent sur mon parcours le trouvent souvent excessivement long ! Je n’ai pas cette impression. Être séminariste, ce n’est pas la même chose qu’être étudiant. Nous ne faisons pas que recevoir un enseignement académique ou acquérir une compétence. En latin, le mot séminaire signifie « pépinière » donc le lieu où faire grandir ce que nous sommes déjà, les dons reçus de Dieu par sa grâce mais qui ont besoin de mûrir, afin d’être préparés à recevoir son appel à l’ordination. Être séminariste, ce n’est pas apprendre à suivre un modèle, c’est plutôt découvrir ce que Dieu a donné à chacun et ce qu’il va nous donner pour être à son service et au service de l’Église, sous son regard bienveillant.
Ce que je retiens de ces six années de séminaire, c’est que Dieu « agit » à mon rythme. J’ai découvert que Dieu est un pasteur qui aime et connaît ses brebis, qu’il me connaît vraiment. Il sait où il veut m’emmener. Pour être pasteur, il faut apprendre à être la brebis qui suit la voix du Bon Pasteur.
Que gardez-vous de votre expérience à Hong-Kong ?
Pendant deux ans à Hong-Kong, j’ai découvert un autre monde ! Cette ville de huit millions d’habitants, avec ses immeubles et ses ponts, sa vie trépidante, est très stimulante. J’ai rencontré des communautés chrétiennes vivantes, avec plus de 1500 adultes baptisés chaque année. La vie du diocèse, dans une société qui ignore le Christ et l’Évangile, m’est un exemple qui marquera sans doute mon futur ministère. Les catholiques francophones de Hong Kong m’ont montré une communauté missionnaire qui trouve dans l’annonce de l’Évangile un chemin de croissance spirituelle fort.
Qu’ont représenté l’acolytat et le lectorat, deux des étapes avant le diaconat ?
En juin dernier, j’ai été institué lecteur et acolyte, avec deux autres séminaristes. Nous recevons alors la mission de méditer la Parole de Dieu pour qu’elle habite notre vie et de l’annoncer dans les communautés où nous sommes envoyés ; de même pour la prière et l’Eucharistie, afin de guider la prière commune et de donner la communion aux malades ou pendant les célébrations. Ce sont des signes constitutifs de la vie de toute l’Église et du ministère des prêtres.
Le 26 juin prochain, je serai ordonné diacre en vue du sacerdoce, pour le diocèse du Mans, par l’évêque, dans la paroisse de Sablé qui m’accueille tous les week-ends depuis un an et demi. Je vais aussi à Parcé et à Noyen pour rendre différents services. Le diaconat est un don de Dieu : c’est Dieu qui fait le don de la charité, de la gratuité, du partage à toute l’Église et au monde par Jésus qui est le premier serviteur. En lavant les pieds de ses disciples le soir du Jeudi saint, il les a consacrés à une vie de service au-delà des logiques trop humaines. Ordonné diacre, je partagerai, par toute ma vie, cette mission de service.
Comment abordez-vous cette ultime étape avant de devenir prêtre ?
Le séminaire continue pour moi pendant encore un an, à raison d’une semaine sur deux en paroisse, avant que je ne sois, si Dieu le veut, ordonné prêtre. J’apprends beaucoup en partageant la vie des paroisses, car la « graine » du séminariste, pour se fortifier, a besoin d’être plantée dans la terre !
Propos recueillis par Dominique Jean pour Eglise En Sarthe

En route vers l’ordination sacerdotale


Le 26 juin dernier, j’ai été ordonné diacre en vue du sacerdoce à Sablé-Sur-Sarthe. A l’issue de la célébration, le vicaire général, le Père Paul-Antoine Drouin, m’a remis ma lettre de nomination. Dans celle-ci, l’évêque donne les grands axes de la dernière année de formation au séminaire, ainsi marquée dès le début par un envoi en mission pour l’annonce de l’Evangile et le service des petits et des pauvres. Jésus nous le dit : « Allez ! De toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé. Et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à a fin du monde » (Mt 26, 19-20). La présence et la confiance du Christ m’ont accompagné dans mes premiers pas, parfois hésitants et maladroits.
Durant cette année, je me suis rendu une semaine sur deux à la paroisse de Sablé-Sur-Sarthe. A travers les rencontres de catéchisme à Noyen-Sur-Sarthe, de l’aumônerie de l’enseignement public de Sablé, du groupe des confirmands ou des servants d’autel, des équipes Quo Vadis ? des équipes de préparation aux sacrements (baptême et mariage), j’ai vu vivre une foule de chrétiens, prêtres et laïcs, engagés dans la mission. J’ai eu de nombreuses occasions de partager ma foi au Christ ressuscité, mais surtout j’ai été marqué par la foi de ceux que je rencontre et qui s’engagent dans la vie chrétienne. Beaucoup constatent qu’il est difficile d’affirmer sa foi Dieu dans notre monde moderne, sans se sentir engagé vis-à-vis des autres, voisins ou amis, qui ne la partagent pas. Cependant, comme l’aveugle-né à qui Jésus rend la vue, au milieu des questions, nous ne pouvons pas ne pas témoigner de la vérité : « Il m’a mis de la boue et je me suis lavé et je vois. » (Jn 9, 15).
Dans un autre aspect de ma mission, j’ai rencontré beaucoup de personnes grâce au Secours Catholique. Ceux qui viennent à la permanence du lundi et du mercredi cherchent de l’aide pour la vie quotidienne, soit un panier repas ou une aide financière, soit pour d’acheter des vêtements ou des jouets à des prix abordables. Pour beaucoup d’entre eux, il s’agit également de tisser des liens qui les aident à sortir des difficultés. Dans ma lettre de nomination, Mgr Le Saux rappelait que le diacre doit être « un signe sacramentel du Christ-Serviteur au cœur des fragilités humaines et spirituelles de nos frères et sœurs », c’est pourquoi c’est une grande chance pour moi de prendre ce temps gratuit au sein de l’équipe de Sablé. Cette dimension essentielle de la mission de l’Eglise, que je souhaite continuer à approfondir, me permet d’être à l’écoute des personnes les plus fragiles de nos villes et transforme mon cœur de « futur-pasteur » : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40).
Enfin, dans un autre aspect de ma mission, il s’agissait d’être diacre auprès des membres de la communauté du séminaire Saint-Jean, puisque je m’y rends une semaine sur deux. Souvent loin du séminaire, il ne m’est pas aisé de jouer le rôle d’ « ancien » de la maison. La communauté vit et se renouvelle très vite, et cela provoque une drôle d’impression pour les 4 diacres que nous sommes. La formation vise plus particulièrement à nous préparer concrètement aux diverses dimensions du ministère presbytérale mais aussi à conclure nos années d’études de la théologie au séminaire, bien que la théologie soit une matière dont on ne peut pas vraiment faire le tour. Chercher à comprendre qui est Dieu (théo-logie), c’est aussi chercher à comprendre qui est l’homme, l’un et l’autre s’appellent et se répondent. En devenant prêtre, on entre dans un dialogue qui dure toute la vie.
Article pour « Eglise en Sarthe »
Sablé-Sur-Sarthe 14 mai 2012


Veillée de prière pour les futurs ordonnés


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