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Ouverture de la cause en béatification du Père Michel Guérin

Samedi 1er juin, à 16h, en la basilique de Pontmain, a été ouvert le procès en béatification de l’Abbé Guérin, curé de Pontmain à l’époque de l’apparition mariale.
L’abbé Guérin a fait ses études au séminaire du Mans, Laval n’étant pas à l’époque siège d’un évêché. Il a été ordonné prêtre par Mgr Claude de La Myre-Mory, évêque du Mans de l’époque.
En 1936, Mgr Bouvier, nouvel évêque du Mans, devant les demandes insistantes de l’Abbé Guérin, l’autorise à s’installer à Pontmain comme curé.
Pour toutes ces raisons, le diocèse du Mans est associé à l’ouverture de cette cause. Mgr Le Saux sera présent à l’ouverture du procès en béatification samedi prochain.

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L’Abbé Guérin

Qui est l’Abbé Guérin ?

Michel Guérin, dit l’Abbé Guérin, (1801-1872) était un prêtre français du XIXe siècle, premier curé et fondateur de la paroisse de la ville de Pontmain rattachée au diocèse du Mans jusqu’à la création du diocèse de Laval en 1855. Il est né à Laval en 1801. Il devint vicaire à Saint-Ellier après son ordination. En 1840, il fut nommé premier curé d’un pauvre petit hameau : Pontmain. À son arrivée, tout était à mettre en ordre. Il décida d’abord d’agrandir l’église et d’embellir l’édifice. Tout de suite, ses nouveaux paroissiens prirent confiance en lui.
L’abbé Guérin aimait particulièrement la Vierge Marie et il fit partager cette dévotion à sa paroisse. Il fonda ainsi la Confrérie de Notre-Dame du Mont-Carmel et du Cœur Immaculé. Il dédia aussi un autel à la Vierge Immaculée et lui consacra sa paroisse.

Sa paroisse devenait très pieuse. Après la messe du dimanche, les fidèles restaient pour les vêpres et pour le chapelet. Le curé de Pontmain voulait à tout prix faire éduquer les enfants de sa paroisse dans les principes de l’Église catholique. C’est ainsi qu’en 1842, il fit bâtir une école et fit venir deux religieuses d’un village voisin.

Durant la Guerre franco-allemande de 1870, l’abbé Guérin fit célébrer des messes pour les soldats de Pontmain partis combattre. Avant leur départ, il les avait consacrés à la Vierge Marie et leur avait promis qu’ils reviendraient. C’est durant ces années difficiles pour la France que la Vierge Marie se manifesta à quelques enfants, dans la soirée du 17 janvier 1871. L’abbé Guérin ne vit pas l’apparition mais fit chanter des louanges à la Vierge par le village.

En 1872, l’apparition fut reconnue et pendant quelques mois, Michel Guérin s’occupa de l’accueil des pèlerins. Il mourut quelque temps après, le 29 mai, suite à une longue maladie.

L’ouverture de la cause

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Basilique de Pontmain

Ce samedi 1er juin 2013, à 16 h, à la basilique de Pontmain, s’est déroulé un événement exceptionnel : la cérémonie d’ouverture de l’enquête diocésaine en vue de la béatification éventuelle de Michel Guérin, curé du village lors de l’apparition mariale du 17 janvier 1871.

Le 2 février 1872, après controverse et enquête, Mgr Casimir Wicart, évêque de Laval, reconnaît l’apparition :
« Nous jugeons que l’Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu a véritablement apparu, le 17 janvier 1871, à Eugène Barbedette, Joseph Barbedette, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé, dans le hameau de Pontmain. »
Une nouvelle église a été édifiée sur la commune à la suite de cette apparition, entre 1873 et 1877. Elle est érigée en basilique par Pie X en 1908. En 1946, les cérémonies du 75e anniversaire de l’apparition sont présidées par le nonce apostolique Mgr Roncalli, futur pape Jean XXIII.

Conformément aux procédures de la Congrégation des Causes des Saints à Rome, toute reconnaissance de l’éventuelle sainteté d’un fidèle ou d’une fidèle catholique doit au préalable faire l’objet d’une enquête approfondie « concernant la vie, les vertus et la réputation de sainteté et de signes » du Serviteur ou de la Servante de Dieu, ainsi que les miracles éventuels qui pourraient lui être imputés.

Il s’agira dans cette première phase de recueillir le plus grand nombre possible d’informations concernant la vie, l’œuvre et les vertus du Serviteur de Dieu afin de constituer un dossier historique et théologique, par la suite transmis à la congrégation pour la cause des saints à Rome.
Préoccupé dans un premier temps de faire reconnaître la supernaturalité de l’événement du 17 janvier 1871, puis d’étendre la renommée du pèlerinage, aujourd’hui le diocèse de Laval, en association avec celui du Mans, à l’approche du cent cinquantième anniversaire de l’apparition, souhaite tirer de l’ombre la belle figure de Michel Guérin, prêtre de campagne à la vie « ordinaire ».

Modèle d’un travail de nouvelle évangélisation nécessaire au lendemain de la Révolution et dans les grands bouleversements des débuts du XIXe siècle, l’abbé Guérin a encore quelque chose à dire à notre époque.
Conformément à la procédure en vigueur, Mgr Scherrer, évêque de Laval, ouvrira la phase d’enquête diocésaine et recevra, à l’issue des vêpres, la prestation publique de serment des divers officiers de la cause, notamment la postulatrice Anne Bernier, une laïque, et ses deux assistants.

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Notre-Dame de Pontmain

L’apparition de la Vierge à Pontmain se situe dans le contexte de la guerre contre la Prusse. Les armées françaises sont défaites, le Second Empire est tombé et les troupes prussiennes sont entrées sur le territoire français. Le 12 janvier 1871, les Prussiens sont au Mans et progressent vers l’ouest (donc vers la Mayenne).
Les populations locales, dont de nombreux hommes sont partis en guerre sans donner de nouvelles, sont effrayées, et se tournent alors vers la religion, priant pour être épargnés. Outre les désordres liés à la guerre, une épidémie de typhoïde et de variole se déclenche.

L’apparition

Dans la nuit du 17 janvier 1871, la neige couvre le village. Deux jeunes garçons, Eugène (12 ans) et Joseph Barbedette (10 ans), aident leur père à piler les ajoncs dans leur grange. Eugène sort de la grange pour « voir le temps ». C’est alors qu’il déclare avoir aperçu au-dessus de la maison d’en face une « belle dame » à la robe constellée d’étoiles, qui le regarde en souriant, les mains tendues.

À ses cris, les villageois accourent et d’autres enfants déclarent voir la « belle dame ». Ils assurent qu’un ovale bleu avec quatre bougies éteintes est venu entourer la dame. L’Abbé Guérin, curé du village, organise une veillée de prière autour des enfants.
Pendant que l’assistance récite le chapelet et le Magnificat, les enfants disent qu’une banderole se déroule entre l’ovale et le toit de la maison, où s’inscrivent lettre après lettre le message de la « Dame » : « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher ».
Alors que l’assistance prie, les enfants deviennent soudain tristes. Ils expliquent que le visage de la vierge est devenu triste aussi, et qu’une grande croix rouge portant Jésus sanglant est apparue devant elle. Au sommet de la croix, une pancarte blanche porte les mots « Jésus-Christ ». Les enfants expliquent que la dame prend dans ses mains le crucifix et le leur présente, tandis qu’une étoile allume une à une les quatre bougies jusqu’alors éteintes de l’ovale.
À la suite de cela, et alors que le curé fait chanter le cantique Ave Maris Stella, les enfants décrivent le crucifix qui disparaît, la vierge qui reprend son attitude initiale, les bras tendus vers eux, une petite croix blanche surmontant chaque épaule, et la scène qui se recouvre peu d’un voile blanc avant de disparaître. « Tout est fini », disent-ils enfin.

Les villageois rentrent alors chez eux. Quelques jours après, l’armistice est signé avec la Prusse et les habitants de Pontmain et des alentours y voient une grâce de l’apparition, d’autant plus que les Prussiens ne sont pas entrés à Laval. Les pèlerins affluent alors à Pontmain.


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