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La Miséricorde, c’est quoi ?

L’Année de la Miséricorde on en a entendu parler, mais que signifie « Miséricorde » ? Petite enquête dans la rue...

Pour comprendre la Miséricorde, regardez la vidéo des « Mots de la Foi » réalisée par le Jour du Seigneur

Miséricorde : le mot avait presque complètement disparu de la prédication et de la prière liturgique (souvent remplacé par « tendresse »). On l’estimait vieilli et devenu incompréhensible ; la miséricorde se confondait avec la pitié, forcément humiliante, et aussi elle rappelait que l’homme a besoin du secours d’un autre, ce qu’il n’est pas prêt à admettre. Depuis une vingtaine d’années, ce thème fait son grand retour en milieu catholique, au niveau de la doctrine, de l’éthique et des dévotions.

On a redécouvert ses solides appuis dans la révélation biblique. En effet, l’Ancien Testament l’évoque abondamment, avec la fidélité, pour caractériser l’action de Dieu envers l’humanité. La racine de la miséricorde, en hébreu, se prend du mot « entrailles » : on ne saurait mieux décrire la commotion que provoque notre misère sur le cœur de Dieu, et son empressement à nous porter secours. Par misère, il faut entendre celle qui dégrade et défigure les humains, celle qui les empêche d’être heureux, matériellement, mais aussi spirituellement, celle dont ils souffrent et aussi celle dont ils ne se rendent même plus compte : « Misère de l’homme sans Dieu », dit Pascal.

Avec l’Evangile, la miséricorde prend une portée nouvelle, définitive et inespérée. C’est Dieu lui-même qui en son Fils Jésus vient jusqu’à nous pour chercher et sauver ce qui est perdu, rebelle, désespéré : « Le jour où apparurent la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes,… poussé par sa seule miséricorde, il nous a sauvés » (Tite 3, 4-7).

La vie chrétienne est authentique si elle est miséricordieuse. On l’entend clairement dans les messages parallèles de Luc : « Soyez miséricordieux comme votre Père » (6, 36), et de Matthieu : « Soyez parfaits comme votre Père » (5, 48). La miséricorde, c’est l’amour en sa perfection, chez l’homme comme en Dieu. Elle contient la tendresse, mais la déborde largement, comme elle ne se restreint pas au pardon qui ne secourt que la misère du péché, ni à la compassion qui s’adresse seulement aux souffrances du prochain. Elle est beaucoup plus radicale et universelle, à la mesure de la misère humaine. Seuls viennent la limiter l’égoïsme, la dureté, l’indifférence. Le monde du rentable, de la vanité, de l’autosuffisance, laissé à lui-même, reste « sans cœur, sans miséricorde » (Romains 1, 31).

Les chrétiens, dès lors qu’ils se sont reconnus sauvés par la miséricorde du Christ, reçoivent la mission d’en témoigner par leur vie. L’urgence pour toute l’Eglise, c’est d’être la maison de la miséricorde ouverte à tous. La grande difficulté est de le faire sans compromission ni condescendance, et en sachant honorer les exigences de la justice et de la vérité, comme Jésus nous l’a montré. Au risque de n’être pas compris, comme lui.

Michel Demaison


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