Accueil > Eglise et société > Ecologie intégrale > Retour sur le colloque « Les nouvelles attentes écologiques (...)

Retour sur le colloque « Les nouvelles attentes écologiques »

Le Colloque de l’Académie pour une Ecologie Intégrale a rassemblé à Notre Dame du Chêne ce week-end 230 personnes motivées par l’écologie. Le thème était : « les nouvelles attentes écologiques ».
La qualité et la diversité des intervenants était au rendez-vous ! Les enseignements et les forums, les rencontres et les échanges, étaient là pour que l’écologie ne soit plus seulement un mot mais une démarche concrète prenant toute la personne et son environnement.
De l’écologie du sol avec le très populaire et spécialiste des michorrezes Hervé Coves, à l’écologie humaine défendue par Tugdual Derville, et Gaultier Bès, jeune décroissant rédacteur de la Revue Limite, en passant par la voix sage d’un représentant du dicastère romain pour le service du développement humain intégral, Tebaldo Vinciguerra, tout conduisait à prendre à la lettre les recommandations du pape François et de son encyclique Laudato Si.

Les invités majeurs du Colloque ont participé samedi soir à un débat animé par Faustine Fayette de Bayard presse sur le thème « les nouvelles attentes écologiques : utopie ou réalisme. Ils ont eu à répondre aux questions suivantes  :
Quelles sont les nouvelles attentes que vous percevez dans la société et celles que vous portez dans vos engagements personnels  ?
Les attentes se rejoignent par les mêmes préoccupations et des combats souvent concurrents. Quelle hiérarchie mettez-vous parmi ces combats  ? Quels sont les critères de ces priorités  ? Et la légitimité de ces critères  ?
Dans ces combats parallèles la conversion personnelle ne suffit pas, il faut être reliés. Qui a autorité  ? Comment on se relie  ? C’est l’Etat qui doit  ? Qui veut  ?... L’engagement écologique est-il un engagement politique  ? Comment définir le bien commun  ? Est-ce que l’entreprise a une place à prendre  ?
On a parlé de progrès, de dignité, de limites, de souveraineté  ; par rapport à cela, la limite du progrès est-elle de degré ou de nature  ? Ex., l’utérus artificiel est-il au même niveau que la prothèse de pied  ?
Parmi les priorités que vous défendez, quelles seraient celles qui pourraient être reconnues « mauvaises  » dans 20 ans  ? (Question qui n’a pas pu être traitée).

Les forums qui ont eu le plus de succès furent ceux animés par Jérémie Ancelet et Hervé Coves sur la permaculture  ; Marianne Durano sur la place du corps dans la conversion écologique  ; Frank Delalande, Patrice Valantin, Nadine Deswasière, sur l’économie solidaire, et Emmanuelle de Saint-Germain sur Ste Hildegarde.

Des extraits ci-après :  

Tugdual Derville
"Assumer notre solidarité existentielle avec la biosphère, c’est une question de réalisme. Cela devrait nous vacciner contre la démesure du transhumanisme, qui imagine une humanité hors-sol.
(...)
À nos yeux, l’équation souvent avancée : écologie environnementale + écologie humaine = écologie intégrale a quelque chose d’insatisfaisant car elle tend à séparer la nature de l’homme de la nature tout court, alors que l ’Homo sapiens est non seulement « la plus belle fleur de la biodiversité » mais aussi celui qui porte le souci écologique, par sa conscience, sa puissance et sa responsabilité."

Gaultier Bès

"C’est d’une conversion qu’il s’agit, qui est d’abord et avant tout un changement de regard : nous sommes peu à peu en train de passer d’un rapport de propriété dominatrice à un rapport de bonne intelligence, d‘harmonie. Nous ne sommes plus en surplomb, ni par rapport à la nature, ni par rapport à la société, nous sommes intégrés à un ensemble, en interaction. Certes, nous devons penser notre place singulière dans la nature : c’est notre responsabilité de gardiens, et non de maitres. Nous sommes membres de la création, avec les autres créatures, il faut en finir avec l’anthropocentrisme exacerbé. 
(...)
Mettre les mains dans la terre est le plus sûr moyen de cesser de vivre comme des extraterrestres ! « Fr. François-Frédéric c.s.j. »Le transhumanisme pose de bonnes questions, c’est d’ailleurs pourquoi il a du succès. Il semble répondre à des questions importantes et que tout le monde se pose : l’homme est-il condamné à souffrir ? À vieillir ? À mourir ? Il y a quelque chose de généreux à vouloir aider l’humanité à sortir de sa condition éprouvante. La question est de savoir si c’est le bon chemin. 
(...)
Devenir plus intelligents au sens des performances du QI ? Ou au sens d’une intelligence faite pour rencontrer, servir ou aimer une personne ?« Tebaldo Vinciguerra : »Le magistère pontifical énumère quatre éléments de rupture dus au péché, ayant tranché quatre liens : le lien des hommes avec la nature, le lien avec les autres, le lien avec soi-même et le lien avec Dieu. La rupture du lien avec la nature est la plus manifeste et la plus universellement reconnue. La réconciliation avec la nature est donc une solution ou un besoin que tout le monde peut comprendre et soutenir. Il faut lire, lire, lire encore ... Laudato Si’..."

Hervé Coves

« Voilà une belle leçon : nous sommes les gardiens de la création, laissons revenir à nous tout ce qui peut nous aider et nous sauver, reconnectons-nous, perpétuons le système et ses interconnexions. La vie est belle, laissons-la prospérer ! »

L’Académie pour une Ecologie Intégrale propose pour l’année 2018/2019 un programme pour se réconcilier avec la terre. Une session sur Nature et Création. Des rencontres sur l’eau, la terre et le sol, la connaissance d’Hildegarde de Bingen, et un Colloque autour de production et qualité : Du pain pour tous et du bon ! Les dates seront bientôt sur le site :
www.academie-ecologie-integrale.org 


Actualités Notre Evêque Ensembles paroissiaux Diocèse Prier et célébrer Eglise et société Contacts
Liens