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Vidéos de la seconde journée des Journées Essentiel’ Mans

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Le samedi 19 octobre 2013, se sont poursuivies les « Journées Essentiel’Mans » avec un second jour de colloque au Palais des Congrès et de la Culture du Mans.

9h45 : Ouverture du colloque des « Journées Essentiel’Mans » (2ème journée).
Intervention de Laurence Drouin et Marcelle Gestin, membres du groupe Place et Parole des Pauvres. Modérateur : Claude Cosnard, diacre permanent.
La journée du samedi s’est ouverte par les témoignages de Mesdames Laurence Drouin et Marcelle Gestin, membres du groupe Place et paroles des pauvres, présentes à Diaconia 2013, à Lourdes. Elles répondaient aux questions de M. Claude Cosnard, diacre.
Marcelle : « Ce qui m’a le plus marqué à Lourdes, c’est que nous étions tous proches les uns des autres, jeunes et moins jeunes, les plus riches comme les plus pauvres. Pour moi l’église idéale, c’est une forme arrondie, sans piliers derrière lesquels on peut se cacher. »
Laurence : « On faisait un devant le Seigneur, il devait être heureux ! On a avancé dans les pas du Christ, ça m’a donné envie d’aller plus loin. J’ai trouvé le pardon à Lourdes mais, le pardon, ce n’est pas facile, ça se travaille, ça se partage avec le groupe. »

10h25 : Grand Témoin - Marek Halter.
M. Marek Halter, écrivain, défenseur acharné de la paix au Proche-Orient, nous interroge :
« Pour moi, il n’y a pas de choc des civilisations, nous sommes de la même civilisation, mais il peut y avoir le choc des religions. Nous vivons un moment difficile, des personnes se déplacent : ‘Quo vadis, Domine ?’, on pourrait dire aussi ‘Où vas- tu l’homme ?’ Nous vivons la mort des espoirs laïcs. Le retour à la religion, c’est bien mais de quoi parle-ton, d’une sorte de solution à l’angoisse actuelle ? La foi aide-t-elle à résoudre les problèmes ou bien est-ce qu’elle sépare les hommes ? Qui nous garantit la justice ? Dieu ? Mais il ne parle pas. Par contre, chacun de nous a une conscience qui lui parle. Il faut faire renaître avec ce qui nous est commun, arriver à un dialogue entre tous ceux qui prient Dieu sous ce nom ou d’autres. Mais la foi aide-t-elle à vivre mieux, à dialoguer ou à s’entre-tuer ? Dieu voulait-il que l’on brûle Constantinople ? Que l’on tue des enfants juifs ? Qui peut parler au nom de Dieu ? »

10h50 : Comment le fait religieux peut-il être vecteur de paix ou de guerre ?

Troisième plénière avec la participation de M. Dominique Avon, historien, Professeur à l’Université du Maine et enseignant à Sience-Po Paris ; Mme Sylvie Goulard, députée européenne ; le père Angelo Romano de la Communauté de Sant’ Egidio de Rome. Conférence animée par Yves Thréard, journaliste chroniqueur.

Mme Sylvie Goulard, très présente, a développé ses convictions en tant que députée européenne. « Le projet européen s’est donné les moyens concrets pour rassembler tous ceux qui partageaient les mêmes valeurs de fond. Il a aussi permis des rencontres entre des croyants vivant de l’Évangile et des non croyants. La crise a mis en péril l’idée que chaque membre avait la même dignité. Si on considère qu’un État qui a plus d’argent a plus de choses à dire que les autres, on détruit le sentiment du pouvoir-travailler-ensemble. » À la suite d’une question sur les Roms, elle nous a interrogé : « La vrai question est de savoir si, nous les Européens, nous sommes animés des valeurs que nous prônons : est-ce que nous sommes habités par la recherche de l’égalité, d’entrer en dialogue avec les autres ? ».
M. Dominique Avon, se situant bien en tant qu’historien, a parlé de « la difficulté pour les pays arabes de définir clairement le choix du régime souhaité. En Tunisie, la constitution prête depuis avril n’est toujours pas votée par l’assemblée car il y a deux articles contradictoires : l’un dit que la Tunisie est un état civil, l’autre, que l’islam est la religion d’État. La référence ultime est-elle politique ou religieuse ? »
Père Angelo Romano, de la communauté de Sant’Egidio de Rome a rappelé qu’ « au niveau diplomatique, le pape devient la voix universelle. Pour aider les Syriens, il peut appeler à la fin de l’occupation, à l’arrêt de la guerre et à chercher tous les chemins possibles, dont celui de la prière, pour ramener la paix. En Syrie, des intellectuels musulmans ont souligné que la présence des chrétiens était fondamentale et que leur départ ajouterait à la tragédie actuelle. On a besoin d’une Europe qui parle d’une voix forte sur les tragédies liées au déplacement des populations venues du Sud. »

15h10 : Comment harmoniser l’annonce décomplexée de la foi et le respect des consciences ?

Quatrième plénière avec la participation de Mgr Renaud de Dinechin, évêque auxiliaire de Paris, vicaire général ; Frère Emile de la Communauté de Taizé ; M. Jean-Guilhem Xerri, Président d’honneur de l’association Aux Captifs la Libération. Conférence animée par Béatrice Soltner, journaliste RCF.
M. Jean-Guilhem Xerri a évoqué trois « mines à éviter : vouloir la conversion de l’autre, car elle est de l’ordre du mystère entre une personne et l’Esprit-Saint ; vouloir se situer comme un modèle de vie ou quelqu’un de parfait, en prenant la posture du juste ou du juge, il y a là un risque de communautarisme ; vouloir un débat christiano-centré au lieu de travailler sa posture intérieure et se demander de quoi je suis capable moi-même dans ma rencontre avec Dieu, pour mieux témoigner de ma foi. »
Frère Émile a insisté sur le respect des consciences : « Respecter la complexité du réel de l’autre, ses acquis, son histoire, ses blessures. Savoir s’adapter au dialogue avec l’autre pour l’aider à découvrir sa nature spirituelle. Le paradoxe de la foi est qu’elle peut être perçue comme une atteinte à la liberté ; évangéliser, c’est créer des chemins pour que débute une rencontre personnelle avec Jésus-Christ, dont le chrétien n’est pas le centre. C’est au cœur de cette relation que l’homme moderne pourra effectivement découvrir que la foi libère. »

16h45 : Grand Témoin - Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris.
Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a repris des réflexions évoquées sur ces deux journées et a poursuivi par une citation tout à fait concordante du pape François : « Au lieu d’être une Église qui accueille et reçoit en tenant ses portes ouvertes, essayons de trouver de nouvelles portes et de nouveaux chemins ». Trouver de nouvelles portes, en étant conscients du trésor que nous avons reçu, du témoignage que nous rendons par notre façon de vivre et de la mission universelle d’annoncer l’Évangile, bien convaincus de l’importance de cette mission : Dieu se fait homme pour que tout homme puisse entrer dans la vie de Dieu ».


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